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Crise énergétique : les mesures et propositions des maires de Sarthe pour faire face aux surcoûts... |
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Ce samedi, 700 élus de Sarthe étaient rassemblés samedi 15 octobre 2022 pour le congrès annuel des maires du département. © Le Maine Libre – Yvon LOUE
Lors du 74e congrès des maires sarthois, qui s’est tenu ce samedi 15 octobre 2022 au centre des expositions du Mans, les élus ont voulu interpeller le président de la République. S’il appellent à l’aide pour faire face aux coûts supplémentaires générés par la crise énergétique et inflationniste, ils font déjà des choix pour leurs collectivités. Exemples.
Fabienne Labrette-Ménager, maire de Fresnay-sur-Sarthe
« Nous avons une hausse de 30 % de nos dépenses en énergie (gaz et électricité) cette année. Nous nous renseignons pour obtenir des dotations supplémentaires de l’État mais il faut rentrer dans des critères très précis. En attendant, nous avons décidé de ne plus chauffer certains bâtiments communaux peu ou pas utilisés.
Et nous attendrons le plus tard possible pour allumer le chauffage dans les lieux fréquentés, pas avant une semaine ou plus, en fonction des températures. Nous diminuons d’une heure également la durée de l’éclairage public dans la commune. Nous allons aussi réduire d’un mois la période des illuminations de Noël.
Le problème, c’est que comme les prix des matières premières ont aussi explosé, nous sommes contraints d’annuler certains projets, comme la construction d’un centre culturel qui ne se fera pas. »

Fabienne Labrette-Ménager, maire de Fresnay. Le Maine Libre
Gilles Leproust, maire d’Allonnes
« Nous sommes à plus de 600 000 € de dépenses supplémentaires cette année, sur un budget de 17 M€. Il n’y a pas que l’énergie, c’est un tout puisque nos frais alimentaires ont également considérablement augmenté aussi et nous avons aussi haussé les salaires de nos agents territoriaux.
C’est très compliqué car cela va impacter les budgets des années prochaines et réduire nos capacités d’investissements, ce qui va nuire aux entreprises du territoire. Donc c’est un cercle vicieux.
Nous sommes tous dans le même bateau. L’heure est grave. Il faudrait déjà réguler le tarif de l’énergie en l’indexant sur l’inflation. Heureusement, nous avons la chance à Allonnes de bénéficier du réseau de chaleur donc nous sommes relativement préservés par rapport à ça. Mais il me semble important de partager ces problèmes avec la population. C’est pourquoi nous organisons une réunion publique ouverte aux habitants et aux associations ce mercredi (19 octobre, à la maison des arts). »
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Gilles Leproust, maire d’Allonnes. Le Maine Libre
Nadine Grelet-Certenais, maire de La Flèche
« Cette crise énergétique est un grand coup de massue et provoque beaucoup d’inquiétudes. Nous avons la volonté de maintenir les projets qui font la dynamique d’un territoire. Mais nous devons faire des choix de différer ou d’annuler carrément certains projets.
Nos frais de consommation en gaz ont été multipliés par cinq et en électricité, par trois. Si l’État ne vient pas soutenir nos investissements, nous sommes sans ressource. Et ce sont les entreprises et l’emploi qui vont trinquer. Le gouvernement doit continuer à aider les collectivités et les entreprises comme il l’a fait pendant la pandémie de Covid-19.
Quant à la suppression de la CVAE, je pense qu’il faut réfléchir à une compensation. Nos entreprises pourraient peut-être participer à nos investissements publics. »
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Nadine Grelet-Certenais, maire de La Flèche. Le Maine Libre
Emmanuel Franco, maire d’Etival
« Les communes qui bénéficient d’un contrat d’énergie groupé via l’UGAP (Union des groupements d’achats publics) sont moins touchées aujourd’hui. Car elles profitent de tarifs négociés.
Le problème, ce sont les collectivités qui ne sont plus sous contrat. Mais ça reste compliqué pour les maires car tous les frais augmentent : l’alimentation, la masse salariale et donc l’énergie. Dans ma commune, rien qu’en éclairage public, nous étions déjà à 17 000 € de consommation alors que nous avons payé 22 000 € l’année dernière. Donc la facture va forcément être salée. Beaucoup de communes vont être dans le rouge. »

Emmanuel Franco, maire d’Etival et président de l’Association des maires sarthois. Photo Le Maine Libre Denis LAMBERT