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Covid-19. L’hôpital du Mans a ouvert 128 lits... |
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Une des unités Covid du centre hospitalier du Mans. L’hôpital a ouvert 128 lits pour les cas positifs. Ce jeudi 10 décembre 2020, 87 étaient encore occupés. © Ouest-France
Le nombre de patients soignés dans les unités dédiées a baissé, puis remonté, avant de se réduire à nouveau. Mais l’activité reste élevée.
Fermetures, ouvertures
Pour faire face à la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19, l’hôpital du Mans a fermé 99 lits d’hospitalisation, principalement en chirurgie, 50 lits en soins de suite et de réadaptation, ainsi que 57 places de chirurgie et de médecine ambulatoire.
Ces fermetures ont permis d’ouvrir 128 lits pour la prise en charge des patients Covid, en dehors de la réanimation.  L’institut Pasteur avait ciblé 90 lits, nous sommes largement au-dessus des prévisions statistiquesÂ
, constate Olivier Bossard, directeur du centre hospitalier du Mans.
Montagnes russes
La deuxième vague s’apparente aux montagnes russes. Le 19 octobre, l’hôpital a accueilli 118 patients dans l’ensemble de ses unités Covid. La courbe est redescendue jusqu’au 1er décembre, avec 60 patients, avant de remonter à 105 le 7 décembre. Ce jeudi 10 décembre, 87 personnes étaient encore soignées dans les unités Covid. Dont six entrées dans les dernières 24 heures.
Difficile d’expliquer ce yo-yo. Mais en Sarthe, le taux d’incidence (nombre de cas positifs pour 100 000 habitants), particulièrement élevé chez les plus de 65 ans, a pour conséquence davantage d’hospitalisations.
La réanimation sur un plateau haut
Il y a un mois, le centre hospitalier du Mans avait déjà étendu sa capacité d’accueil en réanimation, en passant de 17 lits en temps normal à 30. Ces derniers jours, le nombre de lits est redescendu à 23. Soit « seulement » six de plus que la capacité de base.
Problème : après un léger tassement courant novembre, il n’y a plus de baisse du nombre de patients en réanimation depuis début décembre.  Ça stagne autour d’une vingtaine de patients, un plateau qui reste assez élevéÂ
, estime Olivier Bossard, confronté à une pression durable :  Il faut à la fois continuer à traiter les patients Covid et répondre à la demande de plus en plus forte des autres patients. On a multiplié le nombre d’heures supplémentaires, mais la fatigue se fait sentir dans les équipes.Â
La chirurgie toujours pénalisée
Pour armer la réanimation, il a fallu réduire la chirurgie. Équilibre difficile à maintenir sur le long terme, confie le Dr Laurent Pidhorz, chirurgien-orthopédiste :  Beaucoup de patients nous appellent pour passer au bloc, en pensant que la situation s’améliore. Mais on est encore sous tension.Â
Résultat : une des unités Covid que la direction imaginait fermer avant les fêtes risque de rester active. Ce qui signifierait pas de congés de Noël pour les soignants.
Quinze clusters difficiles à éteindre
Comme tous les établissements médicaux ou médico-sociaux, le centre hospitalier du Mans fait face à des clusters : une quinzaine actuellement actifs sur l’ensemble des 80 unités de travail.
On parle de clusters à partir de trois cas positifs dans une unité.  Comme on a toujours cinq ou six jours de retard, c’est très long à éteindreÂ
, explique le Dr Joël Pannetier, directeur médical de crise au centre hospitalier.
Pour étouffer ces clusters, dont certains durent depuis de nombreuses semaines, les mesures sont drastiques : gestes barrières renforcés, repas en solo, pas de pause sans masque, tests hebdomadaires…
Quelle situation dans le département ?
Dans son dernier bulletin, mardi 8 décembre 2020, l’Agence régionale de santé des Pays de la Loire faisait état de onze morts supplémentaires en quatre jours, portant le bilan à 182 mots en Sarthe. Mardi, 267 personnes étaient hospitalisées dans le département.
Urgences : retour à une activité habituelle
Depuis une semaine, les urgences adultes retrouvent quasiment leur niveau habituel d’activité, soit plus de 160 passages par jour. À la clé, un risque de saturation, avec des locaux divisés en deux circuits, pour éviter la contamination.