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Coronavirus. Sarthe : « Tout le système de santé doit se réorganiser »... |
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Un appel a été lancé aux médecins en exercice ainsi qu’aux retraités, infirmiers et pharmacies. © Archives Le Maine Libre – Hervé PETITBON
Une médecin généraliste du Mans témoigne ce mardi 17 mars 2020 de son quotidien entre l’urgence de pouvoir répondre à tous les patients et la nécessité de rassurer les plus inquiets.
Dans ce cabinet médical manceau, les choses s’organisent journée par journée. Des journées qui ont récemment été scindées en deux de façon assez stricte : Nous recevons le matin les patients qui ne sont pas fiévreux, et l’après-midi ceux qui ont des problèmes respiratoires, de la fièvre et/ou qui toussent et que l’on espace dans la salle d’attente
, explique une médecin généraliste. Entre les deux, une pause déjeuner. Il est donc impossible qu’ils se croisent
. Des places sont également réservées à ceux qui n’ont pas de médecins traitants. La généraliste ne cache pas que la patientèle du matin vient exclusivement pour des problèmes d’anxiété. On n’a que ça depuis lundi. Les gens paniquent et le confinement ne va pas arranger les choses. Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Quand on se retrouve à cinq dans un petit appartement, il n’est pas facile de s’aérer
. Cette médecin n’est pas contre les sorties pour ces patients dès l’instant où ils respectent les règles : ne pas se retrouver en groupe et respecter les distances de sécurité d’au moins deux mètres
. Des règles respectées jusque dans son cabinet : Nous portons tous des masques que nous proposons à l’entrée, ainsi que du gel hydro-alcoolique
. Les secrétaires ont par ailleurs la chance d’avoir un espace assez grand et nous avons organisé un marquage permettant qu’elles ne soient pas à moins d’1,5 mètres des patients
. Leur présence est obligatoire ne serait-ce que pour ne pas subir de vols. Gels, masques… On nous fauche tout, sinon
. Cette nouvelle organisation n’est pas la seule qu’il faut gérer. C’est tout le système de soins que l’on doit repenser
pour réorganiser les consultations qui vont se multiplier dans les prochains jours. Une arme : la télé-consultation. Pharmacies et cabinets infirmiers recevront des patients et feront de la consultation assistée à l’aide de matériel connecté : Nous pourrons avoir toutes les constantes, la tension, la saturation, la fièvre, écouter les poumons…
Un appel a été lancé aux médecins en exercice ainsi qu’aux retraités, infirmiers et pharmacies. Ceux qui y répondent se relaieront selon un planning. Cela permettra de voir plus de patients et aux médecins retraités de travailler depuis chez eux sans risquer une contamination
. La médecin est-elle inquiète ? On doit se réinventer dans l’urgence et c’est compliqué mais nous mettons tout en œuvre pour que tout se déroule au mieux. Ce qui m’inquiète, c’est la vitesse à laquelle la situation peut évoluer et le temps que cela va durer. Le confinement devenait nécessaire.
Quand j’ai vu les images des gens dans les parcs dimanche et les celles de ceux qui s’entassaient dans la gare pour quitter Paris, je trouve cela aberrant. C’est la meilleure façon de contracter le virus et de le propager. Certains ont fait tout l’inverse de ce qu’il fallait faire. Aujourd’hui, notre société et notre système de soins doivent se réinventer, et dans l’urgence
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