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Confinement. Sarthe : deux coiffeurs posent « à poil » face au « drame » du confinement

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photo céline esnault, coiffeuse à château-du-loir, a posté une photo d’elle « à poil » sur les réseaux sociaux. © céline esnault 1

Céline Esnault, coiffeuse à Château-du-Loir, a posté une photo d’elle « à poil » sur les réseaux sociaux. © Céline Esnault

De nombreux coiffeurs de France postent des photos d’eux, nus, sur les réseaux sociaux depuis le début du mois de novembre 2020. Réunis sous le hashtag #moncoiffeurapoil, ils veulent attirer l’attention du grand public sur leurs difficultés face au nouveau confinement lié à l’épidémie de Covid-19. Une période pendant laquelle ils doivent garder porte close. Deux coiffeurs sarthois, à Vaas et à Château-du-Loir, ont déjà pris part à ce mouvement.

L’un pose avec son rasoir. L’une avec son sèche-cheveux. Les deux sont torse nu. Les photos en noir et blanc, postées sur les réseaux sociaux au début du mois de novembre 2020, s’accompagnent du hashtag #moncoiffeurapoil. Les deux coiffeurs sarthois, qui travaillent à Vaas et à Château-du-Loir, se sont littéralement mis « à poil ».

Une manière pour eux d’alerter le grand public et le gouvernement sur leurs difficultés face au nouveau confinement lié à l’épidémie de Covid-19, pendant lequel ils sont obligés de fermer. Ils imitent ainsi de très nombreux coiffeurs en France, qui se sont tous déshabillés sur les réseaux sociaux en s’identifiant sous le même hashtag. « En restant fermé, c’est bien à poil que nous allons nous retrouver ! », est-il notamment écrit pour accompagner les photos. « Il est déjà difficile à accepter qu’on nous considère comme non essentiels… »

Céline Esnault, qui a ouvert son salon il y a un an à Château-du-Loir, a donc pris part à ce mouvement. « J’ai deux salariées que j’ai dû placer au chômage partiel. Je ne suis même pas sûr de pouvoir les garder, même si je compte bien me battre pour qu’elles restent ! C’est très difficile, car nous avons toujours des charges à payer mais pas d’argent qui rentre dans les caisses. Depuis quelques mois, aussi, on a moins de clients. Comme les mariages, les anniversaires et les fêtes s’annulent (à cause des restrictions liées au Covid-19, NDLR), les gens ont moins besoin de nos services et ont moins envie de venir dans nos salons », explique-t-elle.

« On est train de se faire bouffer notre travail »

Et pourtant, qu’est-ce qu’elle aime son métier, Céline ! « La coiffure, c’est ma passion. Je ne demande qu’à l’exercer, mais on me l’interdit… » La coiffeuse est prête à tout pour avancer et se battre dans ce contexte si compliqué. Sa photo nue postée sur les réseaux sociaux en est une preuve. Le système de click and collect qu’elle a mis en place via son site internet en est une autre. « Je vends surtout des shampooings et des coffrets de Noël. Cela ne me rapporte quasiment rien et réclame beaucoup de temps, mais c’est un moyen de ne pas faire me faire oublier et d’exercer mon métier. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. Les réseaux sociaux sont un vrai support, autant les utiliser. »

Outre la fermeture obligatoire de son salon, la coiffeuse s’alarme aussi de voir les grossistes de sa profession vendre des produits à des particuliers et indépendants non déclarés, depuis le début du confinement. « Ils proposent notamment des colorations. Les grosses structures nous font du mal en faisant ça, car elles donnent la possibilité aux particuliers de se faire à eux-mêmes ce que nous sommes censés leur faire. On offre aux gens toutes les astuces pour s’occuper de leurs cheveux à notre place. On est en train de se faire bouffer notre travail. On va finir par vraiment ne plus être essentiels. Les gens ne nous appelleront plus à ce rythme-là ! Bientôt, on n’aura plus qu’à envoyer des vidéos pour apprendre aux gens à se couper les cheveux eux-mêmes. »

Jean-Luc, coiffeur à Vaas, partage les mêmes inquiétudes. « Ces derniers jours, le coup de grâce semble venir des plus importants grossistes de la profession. Je refuse de croire que nos partenaires, les grandes marques, les grossistes, les plates-formes dédiées de vente en ligne, chercheront à s’enrichir sur le drame qui se noue actuellement », écrit-il avec sa photo « à poil » qu’il a posté sur sa page Facebook.

En France, 85 192 salons de coiffures sont dénombrés. Cela représente 200 000 travailleurs déclarés et six milliards de chiffre d’affaires. Soit le deuxième secteur dans l’artisanat, lui-même premier employeur du pays.

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Thibaud DELAFOSSE.   Maine Libre  

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