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Canicule. « Avant on ne se plaignait pas » : faisait-il vraiment aussi chaud avant ?... |
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Au Mans, le mercure a atteint 38,2 degrés ce mardi 1er juillet. © Photo Le Maine Libre - Yvon LOUE
En ce mois d’août 2025, une nouvelle vague de chaleur stagne sur la France avec des pics à plus de 40 degrés dans plusieurs villes. Alors qu’au Mans, il a fait plus de 38 degrés le 1er juillet, plus de 34 degrés le 11 août, est-ce exceptionnel ? Faisait-il vraiment moins chaud « avant » ?
 Ça va, on a compris.Â
 C’est l’été, comment on faisait avant ?Â
 Vous découvrez que l’été, il fait chaudÂ
 ? Sur la page Facebook du Maine Libre, certaines réactions publiées en lien avec les articles sur la canicule que la rédaction a proposé fin juin-début juillet montraient un certain agacement au sujet de la chaleur. Le Maine Libre a puisé dans vos commentaires et les analyse  à froidÂ
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« C’est normal, c’est l’été ! »
En réaction à notre article sur le bilan météo du mois de juin, une internaute commente :  C’est normal, c’est l’étéÂ
. Les données disent pourtant le contraire : la température maximale moyenne, en juin 2025, a atteint à 28,3 degrés. Un chiffre bien plus haut que la normale établie à 23,6 degrés. Avec un pic à 37,8 degrés à Villaines-sous-Malicorne le 30 juin et 38,2 °C au Mans le 1er juillet, on a rarement connu si chaud, si longtemps, à cette période de l’année. Selon Météo-France, la journée du 30 juin  a été la journée de juin la plus chaude depuis le début des relevés en 1947, dépassant celle du 27 juin 2019Â
. Cette vague de chaleur, première de la saison, a duré 13 jours sur l’ensemble de la France.
À noter que Le Mans, en juin 2025, a connu trois nuits tropicales – les températures ont été supérieures à 20 °C. En 2019, autre année de canicule, ce phénomène avait été constaté pendant quatre nuits. En juillet 2025, trois nouvelles nuits tropicales ont été recensées. Des statistiques loin d’être anodines puisque ces températures nocturnes peuvent avoir un impact sur la santé. De nouvelles nuits chaudes sont prévues : Météo France annonce 21 °C dans la nuit de mardi à mercredi et 20 °C la nuit suivante. Depuis le 1er août, de fortes chaleurs (plus de 30 °C) ont été relevées lors de six jours.
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« Ils faisaient comment il y a 50 ans ? »
Il y a cinquante ans, avant 1975, les épisodes de chaleur extrême étaient bien moins fréquents et bien mois intenses. Un coup d’œil sur les données mancelles permet de constater qu’entre 1950 et 1974, la température a dépassé 35 degrés, au Mans, seulement cinq jours en 25 ans. Entre 2000 et 2024, on compte une soixantaine de jours ou le mercure a grimpé si haut. Objectivement, il y a plus de 50 ans, la population sarthoise a été peu confrontée à ces situations de chaleur intense et durable.
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Mais c’est arrivé, notamment en 1952. Pendant huit jours, les températures au Mans frôlaient alors 30 degrés puis augmentaient jusqu’à atteindre 38,9 degrés le 1er juillet.
« On a connu pire en 1976 »
L’année 1976 a été particulière puisque l’épisode de canicule est intervenu dans une période de sécheresse historique. Cet été-là , il a fait plus de 30 °C trente-deux jours. Les températures ont dépassé 35 °C à dix reprises. Un épisode qui est intervenu alors que l’hiver et le printemps précédents avaient été peu pluvieux. Les conséquences, notamment sur l’agriculture, sont notables.
La température moyenne du mois de juin 1976 est d’ailleurs l’une des plus élevée enregistrée depuis 1950 : 21,3 °C. À l’époque, c’est exceptionnel. Depuis, cette valeur a été frôlée en 2003, 2017, et dépassée en 2023 et 2025.
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Mais n’oublions pas trois années fortes, pendant lesquelles les Français ont souffert : 2003, 2019 et 2022.
Pour la première, les Manceaux ont subi 28 jours à plus de 30°C ; 26 en 2019 et 32 en 2022 ; En 2003, les conséquences de la canicule en France sont dramatiques avec quelque 15 000 décès imputés à cet événement. Mais le plus chaud était à venir : en 2019, la station Le Mans - Arnage enregistre 41,1 degrés, une température jamais atteinte depuis.
Globalement, selon les données de Météo France, les températures moyennes ont augmenté de 1,5 à 2 degrés depuis 1950.
« Eh bien, on va le savoir à radoter comme ça » ; « Génération de fragiles »
Si on parle davantage des vagues de chaleur et autres records de températures, c’est qu’ils sont plus fréquents. Et cela va continuer.  Dans une France à + 4 °C, les vagues de chaleur seront plus nombreuses, plus longues, plus intenses et plus sévères. La vague de chaleur d’août 2003, qui constitue une référence à ce jour, deviendra banale dans une France à + 4 °CÂ
expliquait Météo France avant cet épisode de 2025.
Loin de n’être qu’une question de confort, la succession de ces événements, conséquence du changement climatique, perturbe la société. Des logements pas toujours adaptés, des écoles en surchauffe dès que la chaleur s’installe… En Sarthe, plusieurs incendies ont touché des bois, forêts et autres espaces naturels depuis le début du moins de juin. Des bassins-versants sont en vigilance, la ressource en eau étant appauvrie. Les personnes fragiles sont particulièrement vulnérables dans ces conditions. Le 22 juillet, Santé Publique estimait que pendant la première canicule de fin juin 2025, au moins 480 décès en plus de ceux attendus,  toutes causes confonduesÂ
avaient été recensés.