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Au château de Dobert, Hélène conte l’histoire de ses aïeuls sarthois... |
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Au château de Dobert, à Avoise (Sarthe), Hélène du Peyroux connaît l’histoire de tous les portraits de famille. © Ouest-France
À Avoise, dans la Sarthe, Hélène du Peyroux se fait une joie de recevoir le public et de lui raconter les histoires de son château, propriété de la même famille depuis dix-sept générations.
Des histoires, Hélène du Peyroux peut vous en conter des dizaines. Propriétaire du château de Dobert, à Avoise, dans la Sarthe, elle sait faire parler les objets pour raconter le roman familial, en écriture depuis 561 ans. « Je suis la dix-septième génération, insiste-t-elle avec un grand sourire. Le premier de notre famille est arrivé ici en 1460. C’était un certain Guillaume Gauquelin, argentier de la reine Yolande d’Aragon, duchesse d’Anjou. »

Le château de Dobert et son architecture classique du XVIIIe siècle. Ouest-France
Un ancêtre voyageur
Au XVIIIe siècle, l’un de ses autres ancêtres, Jean-Baptiste de Bastard, fait agrandir le manoir pour lui donner son allure actuelle avec ses grandes fenêtres et ses pierres aux tons orangés. « Il a fait toute sa fortune en Chine , explique Hélène du Peyroux devant son portrait dans la salle à manger. Il avait eu l’idée d’échanger l’argent métal qu’il possédait contre de l’or car, à l’époque, les Chinoises raffolaient des bijoux en argent alors qu’elles n’avaient que de l’or. » C’est également à ce grand voyageur que le château doit son aqueduc si singulier, récemment restauré, qui servait à irriguer les quelque cent hectares de terres du domaine.

L’aqueduc (ou noria) du XVIIIe siècle servait à irriguer les terres pour faciliter le travail des paysans. Ouest-France
En 1978, c’est au tour d’Hélène et de son mari de s’installer à Dobert. « Il a fallu se retrousser les manches, tout était à refaire. La dernière restauration datait de 1901. C’est à peine s’il y avait du chauffage ! » se souvient-elle. Le couple s’est alors lancé dans d’importants travaux avant d’ouvrir sa demeure aux visites au milieu des années 1980.
Archives exceptionnelles
Dans la salle de billard, elle s’arrête face à une petite vitrine à laquelle elle tient particulièrement. Il s’agit d’un testament orignal daté de 1460, en parfait état. « C’est quand même merveilleux d’avoir ça chez soi », glisse-t-elle. Dans la bibliothèque, 12 000 volumes composent les archives de la propriété. Un héritage exceptionnel avec lequel la famille retrace l’histoire de ses ancêtres. « On en apprend tous les jours », s’étonne encore la châtelaine.

La châtelaine est très fière de ses archives, toutes dans un état de conservation remarquable. Ouest-France
À 85 ans, Hélène du Peyroux travaille encore un peu. Sur son tracteur, elle tond la pelouse. « Je ne me sens pas vieille , dit-elle. Ça me fait prendre l’air ! » Puis elle assure l’accueil des curieux qui écoutent ses anecdotes : « J’aime bien faire les visites. Si je suis disponible et qu’on me le demande, il n’y a aucun souci. »
Dix-sept arrière-petits-enfants
Quand on la regarde attentivement, on remarque que ses yeux pétillent à l’évocation de cette maison dans laquelle tant de souvenirs « fourmillent ».

Le château de Dobert se situe dans un cadre très agréable, propice à la randonnée. Ouest-France
À Dobert, les générations s’entremêlent. Les tableaux des siècles passés croisent les photos d’aujourd’hui. On baptise encore les nouveau-nés dans la chapelle. « C’est très important pour moi que la propriété se transmette et reste dans la famille, c’est tellement rare aujourd’hui », confie Hélène du Peyroux. Elle peut se rassurer, ses dix-sept arrière-petits-enfants formeront la vingtième génération. Et il y a fort à parier que le roman familial ne s’achèvera pas là.
Château de Dobert à Avoise (Sarthe). Visites sur demande. 6 € par adulte. Gratuit pour les moins de 12 ans. Chambres d’hôtes en location. Tél. : 06 17 50 81 44.