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Argentine : trois blessés dans l’explosion d’un colis suspect à l’école de gendarmerie à Buenos Aires... |
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Un colis a explosé dans l’école de gendarmerie de Buenos Aires. © PABLO BARRERA / EPA/MAXPPP
L’explosion d’un colis suspect au sein l’école de gendarmerie de la capitale argentine a fait au moins trois blessés légers. Le paquet avait été reçu plusieurs mois auparavant.
Trois gendarmes ont été blessés, sans que leurs jours soient en danger, vendredi 20 février 2026 à Buenos Aires (Argentine) lors de l’explosion d’un colis suspect d’origine indéterminée à l’école de gendarmerie argentine, ont indiqué les autorités.
L’explosion est survenue en début d’après-midi, lors de la manipulation d’un colis qui avait été reçu quatre mois auparavant, selon un bulletin de police auquel l’Agence France-Presse (AFP) a eu accès. Le paquet faisait partie d’un lot de trois, mais est le seul à avoir explosé.
Deux des gendarmes blessés ont été transférés à l’hôpital avec des brûlures, a indiqué le ministère de la Sécurité dans un communiqué ultérieur. Un troisième a pu être pris soigné sur place.
Des médias ont publié des images d’un engin explosif artisanal de la taille d’un livre, qui serait le colis en question.
Le bâtiment de l’école de gendarmerie, haut de onze étages, a été évacué à la suite de l’explosion, ainsi que quelques immeubles adjacents, 320 personnes au total, a précisé le ministère.
La police a établi un large cordon de sécurité dans le quartier, situé à environ un kilomètre de la Casa Rosada, la présidence argentine, a constaté l’AFP.
Des pompiers, des équipes de déminage avec des chiens étaient présentes sur place, ainsi que des agents de la police scientifique, au milieu d’un important dispositif de sécurité.
La ministre de la Sécurité Alejandra Monteoliva, dont dépend la force de gendarmerie, s’est rendue brièvement sur les lieux, avant de repartir sans faire de déclaration aux journalistes présents.
Unité d’enquête antiterroriste
Plusieurs témoins, évacués d’immeubles adjacents, ont assuré ne pas avoir entendu de détonation.
Mariana Bornio, évacuée d’un immeuble contigu à l’école de gendarmerie, a indiqué à l’AFP avoir vu évacuer un des gendarmes blessés, qui pouvait marcher, mais « qui se couvrait la poitrine, donc visiblement brûlé à ce niveau-là ».
La gendarmerie argentine est une force de police avec statut militaire, spécialisée dans les opérations de maintien de l’ordre, de police générale et de sécurité dans des zones reculées du pays, ainsi que de surveillance aux frontières.
La force de gendarmerie a occasionnellement été impliquée dans des opérations de maintien de l’ordre lors de manifestations tendues. Comme cela a été le cas jeudi ainsi que la semaine précédente, en réserve de la police fédérale, face à des manifestants contre la réforme du travail.
La gendarmerie avait été en première ligne en mars 2025 lors de heurts violents entre police et manifestants, débordés par des casseurs, qui avaient fait 45 blessés, 20 policiers et 25 civils, lors d’une manifestation pour la défense des retraites et hostile au président ultralibéral Javier Milei.
Ce jour-là, un photojournaliste indépendant, Pablo Grillo, avait été grièvement blessé à la tête par une cartouche lacrymogène tiré par un gendarme. Lequel a depuis fait l’objet de poursuites pour blessures graves et usage abusif d’armes. La justice a recommandé fin 2025 son renvoi en procès, qui reste à confirmer.
Selon le quotidien La Nacion, l’engin explosif aurait visé un ex-officier en particulier, un major à la retraite venu saluer ses ex-collègues, et auquel a été remis le paquet en question, adressé à son nom et qui attendait depuis des mois. Il est au nombre des blessés.
Le ministère a indiqué que des expertises étaient menées par l’Unité d’enquête antiterroriste de la police fédérale argentine, qualifiée « en matière d’analyse d’explosifs et d’engins complexes ».