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Après sept mois d’interdiction des vélos et trottinettes en zone piétonne, quel bilan ?... |
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Dans les rues piétonnes le samedi, les cyclistes doivent poser pied à terre depuis le 21 juin 2025. En ce mois de janvier 2026, la mesure n’est pas toujours respectée. © Le Maine Libre – Denis LAMBERT
Depuis le 21 juin 2025, un arrêté municipal interdit la circulation des vélos et trottinettes dans les rues piétonnes de l’hypercentre du Mans (Sarthe), le samedi de 11 h à 23 h. Sept mois plus tard, les deux-roues sont-ils moins nombreux à fendre la foule ? Reportage dans les rues à l’occasion du premier samedi des soldes.
Ce 10 janvier 2026, aux alentours de 15 h, il fait froid mais le soleil brille. C’est le premier week-end des soldes, le centre-ville du Mans fourmille. Dans les rues piétonnes du quartier Saint-Nicolas, on rencontre des piétons, forcément. Beaucoup de piétons. Mais aussi, ici ou là, quelques cyclistes et trottinettistes, qui circulent à faible allure. Place Saint-Nicolas, où pas moins de six rues se rejoignent, nous en comptons huit en 15 minutes, parmi lesquels plusieurs livreurs à vélo. Le secteur leur est pourtant interdit.
Depuis le 21 juin, un arrêté municipal impose aux cyclistes, usagers de trottinette et autres engins de déplacement personnel motorisé de poser pied à terre le samedi de 11 h à 23 h dans l’hypercentre piéton. Quand il y a beaucoup de monde, ça devient problématique
, argumentait Stéphane Le Foll (PS) en évoquant la sécurité des piétons. Sont principalement concernés la rue des Minimes, la place de la République et le quartier Saint-Nicolas.
C’est une bonne mesure mais j’ai l’impression que les moyens ne sont pas mis en œuvre pour la faire respecter
, réagit William, gérant de l’horlogerie Les Gardiens du Temps, il faudrait que les gens soient au courant parce que ce n’est pas hyper bien indiqué
. Les panneaux aux nombreuses entrées de la zone, piétonne depuis longtemps, ne sont en effet pas tous très visibles. Ou plutôt l’information est un peu fouillis.

La signalétique aux entrées de la zone piétonne est un peu fouillis. Le Maine Libre – Denis LAMBERT
Toutefois, les cyclistes et trottinettistes sont beaucoup moins nombreux, à en croire Emilie, gérante de la boutique Papa pique et Maman coud : Il y a beaucoup moins de va-et-vient, on ne voit plus beaucoup les ados à trottinette comme avant. C’est bien pour les piétons.
Une cliente, qui tient la main de sa fille en bas âge, confirme : Avant, c’était dangereux
. La commerçante reprend : En zone piétonne, cet arrêté est indispensable, il a eu de l’effet. On voit beaucoup de gens mettre pied à terre et pousser leur vélo ou carrément garer leur vélo et continuer à pied. Il faudrait même l’appliquer le mercredi
.
Qu’en pensent les cyclistes et trottinettistes ?
Vendeuse à L’Atelier du chocolat, Adisson, n’était pas au courant. Et continue donc de circuler à trottinette : Il faut juste aller moins vite, c’est tout. Et s’il y a trop de monde, je descends.
Ce que fait aussi Khaled, 26 ans, qui pousse sa trottinette : Là il y a du monde, il faut quand même respecter les gens
. Yann, 16 ans, sort d’une boutique, monte son engin et s’apprête à filer. Ou plutôt à se faufiler : Faut juste faire attention
, considère l’ado, pas au courant de l’interdiction, c’est pas logique car le meilleur moyen de se déplacer en ville, c’est la trottinette et le vélo.
Justement, qu’en pensent les cyclistes eux-mêmes ? Sophie, elle, pédale jusqu’au plus près de son magasin préféré : Je fais ça pour gagner du temps, mais s’il y a trop de monde, je descends, c’est normal. Il faut être intelligent.
Nicolas fait une pause, assis sur sa selle. Je circule avec un pied presque à terre pour être prêt à le poser si besoin. Je roulotte, quoi. Il y a beaucoup de monde, donc il faut être vigilant. À mon avis, c’est suffisant, ce n’est pas utile d’interdire. Il faut être stupide pour rouler à fond ou longer les vitrines…
En près de deux heures passées dans le quartier Saint-Nicolas, nous ne verrons aucun cas de ce genre.
> > > La phase de verbalisations n’a pas réellement commencé
L’arrêté municipal, à l’époque contesté par les élus Les Écologistes et l’association Cyclamaine (650 adhérents), devait donner lieu à des verbalisations (35 €) en cas de non-respect de l’interdiction. Ceci après une phase de prévention qui devait durer un mois. Or, d’après nos informations, sept mois plus tard, la phase de verbalisation n’aurait pas réellement commencé étant donné l’effet déjà concret de la mesure, qui visait surtout à pacifier la circulation piétonne dans l’hypercentre. Depuis quelques années, de nombreuses villes prennent ce genre d’arrêté. Contactée pour dresser un bilan de sa mesure, celle du Mans n’a pas souhaité répondre à nos questions.