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À Sablé-sur-Sarthe, la Journée des musiciens amateurs se réinvente sans la Région... |
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Jorge Silva professeur de clavecin et de chant et ses élèves sur la scène Joël Le Theule dimanche 26 janvier 2025 lors de la première journée des musiciens amateurs. © Ouest-France
Dimanche 26 janvier 2025, la ville de Sablé-sur-Sarthe et la scène conventionnée l’Entracte ont organisé la première édition de la « journée des pratiques amateurs ». Un événement qui remplace Ma région virtuose et que Roland Bouchon, le directeur de l’Entracte, souhaite développer. Près de 600 personnes ont assisté aux cinq concerts programmés.
La scène Joël Le Theule était moins remplie qu’à l’accoutumée, ce dimanche 26 janvier 2025. En cinq concerts, dont un à l’église Notre-Dame, la « journée des pratiques amateurs » a réuni 580 personnes, soit 2 000 de moins que lors de Ma région virtuose en 2024. C’était le rendez-vous musical et régional dont la ville de Sablé-sur-Sarthe s’est désengagée sur fond d’économie budgétaire. Dans la salle, les spectateurs sont surtout venus voir leurs enfants, petits-enfants ou amis jouer lors de cet événement alternatif.
« On a dû se réorganiser »
« Oui, on a perdu un public qui n’était là que pour les têtes d’affiche », reconnaît Roland Bouchon, le directeur de l’Entracte, la scène conventionnée sabolienne. Le format est aussi réduit en nombre de concerts et sur une seule journée, ce qui joue sur la jauge. Mais il souligne aussi le positif : « On a dû se réorganiser, on a su proposer un nouveau rendez-vous de musique classique aux habitants. Une solidarité s’est organisée entre les professeurs du conservatoire et les élèves, qui ont répondu présent. »

Dimanche 26 janvier 2025, cinq concerts ont été produits par les professeurs et les élèves du conservatoire de Sablé-sur-Sarthe, pour la journée des musiciens amateurs. Ouest-France
Une satisfaction partagée par les professeurs du conservatoire qui ont participé, à l’image de Jorge Silva, professeur de clavecin et de chant. Juste avant le concert, il a partagé un message avec les spectateurs, rappelant l’importance des pratiques artistiques dans la société : « Dès que l’on coupe quelque chose, ça touche notre liberté d’artistes. Si on a moins d’aide, on pourra moins donner aux spectateurs. Et c’est aussi dommage pour les élèves qui apprennent beaucoup en regardant les professionnels et cela leur permet de se projeter sur une potentielle future carrière. »
Une formule à améliorer
Roland Bouchon est conscient de ces fragilités et il les reconnaît volontiers : « On n’a pas pu construire de proposition pour apporter des musiciens professionnels, mais on y travaille. » L’idée, c’est donc de développer davantage ce rendez-vous, en renforçant les partenariats dès l’année prochaine. « Les partenaires ont réaffirmé leur soutien, et c’est une bonne chose. Ils nous montrent que la culture est une mission de service public. »