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Tramway : les tout beaux parkings-relais sont tout vides... |
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Le parking-relais de l'Université, un taux d'occupation en-dessous des prévisions. Photo © Dominique Breugnot.
C'est un bide. Les parkings-relais devaient inciter les automobilistes à abandonner leurs voitures. Deux sont quasi déserts. Explications.
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Un an après sa mise en service, qu'est-ce que le tram a changé pour vous ?
Seul Antarès séduit. L'un des objectifs du tramway est de réduire la circulation automobile au Mans. L'une des armes devait être les trois parkings-relais construits aux trois extrémités de la ligne. Seul celui d'Antarès, qui a été le plus facile et le moins coûteux à aménager, fait recette : en moyenne 261 voitures par jour, en octobre, pour 400 places. Côté université, le parking Bartholdi attire une moyenne de 64 voitures par jour. C'est franchement décevant par rapport aux 250 places (sur 450) réservées au tram à l'intérieur d'un édifice, certes joli, mais qui a coûté 6 millions d'euros. La palme du bide revient au parking-relais de l'Espal occupé en moyenne par 21 voitures...
Trop chers ? Pas sûr ! Les parkings-relais sont gratuits pour les abonnés. Pour les autres, c'est 3,60 € par voiture, avec un ticket aller-retour pour chaque passager. Quand on voit le prix du carburant, du stationnement en centre-ville et le temps gagné, autant dire que le tarif est attractif. Notamment le samedi, jour où les parkings-relais font d'ailleurs (un peu) mieux que d'habitude. Les 3,60 € découragent dans un seul cas : « Quand quelqu'un est seul en voiture, admet Dominique Niederkorn, vice-présidente Verte de Le Mans Métropole chargée des Transports. Mais c'est un choix. Nous avons voulu inciter au covoiturage. »
Mal signalés, c'est sûr ! Si Antarès tire son épingle du jeu, c'est peut-être parce que les automobilistes connaissent déjà les lieux. « Pour le parking Bartholdi, et surtout pour le parking Espal, le balisage est insuffisant, reconnaît Jean-François Soulard, élu PC et président de la Setram. On est en train de revoir tout cela, en liaison avec le conseil général pour indiquer bien en amont la présence des parkings-relais. » À suivre...
Mal connus, archi-sûr ! Le Mans Métropole et la Setram ont constaté que les Sarthois qui habitent en périphérie du Mans, premiers visés par les parkings-relais, en connaissent très mal le principe. Fin octobre, une grosse opération de com'a été lancée. 55 000 boîtes aux lettres, dans un rayon de 20 km autour du Mans, ont été arrosées : un dépliant, avec plan, tarif, explication... et une offre gratuite d'essai pour une voiture. On en est à 200 retours.
Bartholdi, ou le poids de l'habitude. Le chantier du tramway est allé plus vite que celui du parking qui a ouvert plusieurs semaines après. « C'est un vrai problème, reconnaît Jean-François Soulard. Car les automobilistes se sont forgés d'autres habitudes. » Le parking de l'hôpital en sait quelque chose.
Une énorme contradiction. Pour qu'il y ait moins de voitures en ville et que les automobilistes adoptent les parkings-relais, encore faut-il être cohérent. Le maintien de 600 places gratuites, au coeur du Mans, sur le quinconce des Jacobins est en totale contradiction avec la politique affichée de transports « doux ». Là dessus, le maire est intraitable. Les Jacobins resteront gratuits... au moins jusqu'à ce que l'espace culturel pointe non nez.
Patrick ANGEVIN.
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