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Sur les traces de John Woolfe, gentleman driver... |
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Michel Boixière (à gauche) a entrepris d'écrire un livre sur John Woolfe, pilote anglais qui trouva la mort en 1969 lors du premier tour des 24 Heures du Mans. Il est ici en compagnie d'Yves Martin et de Mme Collet, Costarmoricains marqués eux aussi par la course mythique du Mans.
Le Breton Michel Boixière travaille à l'écriture d'un livre consacré à ce pilote anglais mort aux 24 Heures du Mans en 1969. Une quête passionnée autour d'un destin tragique.
Qui se souvient de John Woolfe aujourd'hui ? S'il en est un, c'est bien Michel Boixière. Le 15 juin 1969, ce Parisien, qui habite aujourd'hui Saint-Brieuc, dans les Côtes-d'Armor, est devant sa télévision. « J'avais assisté à mes premiers 24 Heures en 1966. J'y étais allé les deux années précédentes. Mais en 1969, je n'avais pas pu m'y rendre. » C'est donc devant une petite lucarne noir et blanc que Michel Boixière assiste à la tragique sortie de route de John Woolfe.
Au volant de la Porsche 917 n°10, le pilote anglais ne bouclera pas son premier tour de circuit. À hauteur de Maison-Blanche, le bolide sort de la piste. Explose. John Woolfe, 32 ans, ne peut être ramené à la vie. Une tragique destinée que Michel Boixière ne peut oublier. « Woolfe avait certes peu d'expérience, mais c'était un gentleman driver. Il était venu à la course automobile grâce à la fortune de sa belle famille. Et sa mort est passée quasiment inaperçue au regard de cette fin de course épique qui a vu la première victoire de Jacky Ickx. »
« Des rencontres pleines d'émotions »
Woolfe, pilote aujourd'hui oublié, Michel Boixière a décidé d'en faire un livre. « C'est venu comme ça. Comme un besoin. » Un véritable défi. Le Briochin « traque » les témoins de l'époque. À commencer par les pilotes tels Jean-Pierre Jabouille, Raymond Lopez, Jean Egreteaud, Philippe Farjon, etc. « Évoquer des tragédies de course n'est pas une chose facile avec les pilotes, concède Michel Bouxière. L'émotion est souvent au rendez-vous. Ça fait remonter à la surface des images qu'ils ont essayé d'effacer. » Le féru de sport mécanique qu'est Michel Bouxière espère aussi beaucoup de son voyage outre-Manche prévu en mai prochain. Le 2, il rencontrera à Bedford David Riswick, ancien associé de Woolfe et Mike Treutlin, son mécanicien en chef.
Et puis le Briochin joue la carte locale. Il se rapproche d'Yves Martin pour tous les aspects techniques liés à la course. « Briochin, Yves Martin a été champion de France et vice-champion d'Europe de course de côte en 1973. Il a couru au Mans. » Michel Boixière a aussi rencontré la veuve de Jacques Argoud, commissaire de piste présent en 1969 et tué l'année suivante lors d'une sortie de piste de la Ferrari de Jacky Ickx.
Mais aussi Jean-Pierre Allain, actuel président de l'Automobile-club de l'Ouest et longtemps responsable de course.
« Autant de rencontres passionnantes qui permettront d'élargir mon livre à cette mythique course que sont les 24 Heures du Mans. »
Michel Bouxière a bon espoir de publier son livre pour la fin 2009. Un ouvrage qu'il imagine déjà « bourré d'anecdotes ». Entre tragédie et passion mécanique. Un livre qu'il espère même voir traduit en anglais. Comme un dernier hommage au gentleman driver.
Toute personne susceptible d'aider Michel Boixière dans ses recherches peut lui écrire à l'association L'Orée, Belle-Issue, 22170 Plerneuf ou à partir du site www.l-oree.org