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Stéphane Pétilleau tire sa révérence... |
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Stéphane Pétilleau qui lève les bras : une image que l<¤>on ne reverra plus...
© AFPRetraite. Le coureur de Bretagne Armor Lux range son vélo avec regret après une carrière bien remplie. Un problème cardiaque ne lui laisse guère le choix.
« Une fibrillation auriculaire due à une hypertrophie de l'oreillette gauche de coeur. » Voilà deux mois que ce communiqué médical trotte dans la tête de Stéphane Pétilleau. « Sur la route du Sud fin juin, mon coeur est monté jusqu'à 235 pulsations, décrypte le coureur professionnel. Pour enrayer cela, j'ai dû prendre des bêtabloquants. Mais la semaine dernière, sur le tour du Limousin, mon coeur s'est de nouveau emballé. »
Un nouvel arrêt de travail de trois mois a été prescrit au Costarmoricain. Ce problème cardiaque, détecté à Rennes par le professeur Carré, ne lui laissait guère d'alternatives. La « Pétille », comme il était appelé dans le peloton, s'est donc résolue à raccrocher définitivement son vélo. « Après trois mois d'arrêt, ça aurait très difficile de reprendre. La décision n'est pas facile à prendre mais je ne peux pas me permettre de mettre ma vie en danger. »Un véritable déchirement pour celui qui était encore, à 36 ans, la figure de proue de l'équipe Bretagne Armor Lux. En mars dernier, il avait encore notamment terminé deuxième d'une manche de la coupe de France (Cholet-Pays de Loire). « Ces trois dernières années ont été exceptionnelles. » Après un premier passage en demi-teinte dans le monde professionnel (1995-1998), le coureur originaire de la Sarthe n'avait pas manqué de saisir sa deuxième chance chez les pros en 2005. « Je n'oublierai jamais la nouvelle opportunité que M. Floch m'a donnée. Lors de mon premier passage chez les pros, je m'étais un peu laissé aller, reconnaît-il. En 2005, j'ai fait les sacrifices nécessaires car je ne voulais pas passer à côté. » Un retour gagnant avec notamment la victoire finale dans le Tour de Bretagne 2005 mais aussi un succès lors d'une étape sur la route du Sud ou encore sur l'étoile de Bessèges 2006. Sur les routes du Nord l'an passé, il avait été aussi un coriace adversaire face aux équipes du pro Tour en se classant second du classement général des quatre jours de Dunkerque. « C'est difficile de dire quelle victoire a été la plus belle. »« Battant sur le vélo, battant dans la vie »A l'heure des souvenirs, ce coureur « à l'ancienne », généreux dans l'effort et toujours aux premières loges pour tenter un coup d'éclat a aussi une grosse pensée pour tous ses fidèles soutiens. « Je pense notamment à François Thoraval, au guidon du cyclo, avec qui je m'entraînais derrière, mais aussi Cyril Guimard, Serge Turpin, Daniel Salmon ou encore Michel Guégan. »Dans son fief trégorrois de Tredrez-Locquémeau, Stéphane Pétilleau va désormais penser à « l'après. » « J'ai une formation de couvreur-zingueur mais pour l'instant, je n'ai pas vraiment d'idée de reconversion. Il faut déjà que j'avale la pilule. J'appréhende quand même un peu car si on souffre sur un vélo, on est quand même dans un milieu un peu protégé. Mais je suis un battant sur le vélo, je vais aussi l'être dans la vie. »Céline et Gérard GOURMELON.Stéphane Pétilleau en bref. 36 ans. Débuts chez les professionnels en 1995 (Castorama). 1996-1997 : TVM-Farm Frites, 1998 : GAN puis Crédit Agricole, 1999-2004 : élite 2 (Jean-Floch puis Roubaix), 2005-2006 : Bretagne Jean Floc'h, 2007 Bretagne Armor Lux.