|
« Transmettre des messages utiles » : ces médecins s’engagent contre les pesticides... |
1
La docteure Poirier Garcia et la docteure Besnard étaient présentes place de la République, au Mans, ce samedi 29 mars 2025, pour sensibiliser les passants sur les dangers des pesticides. © Ouest-France
L’association « Alerte des médecins sur les pesticides » a été créée en 2013 pour informer la population sur les dangers des produits phytosanitaires. En Sarthe, plusieurs d’entre eux se battent pour que le sujet devienne une grande cause nationale.
En trente-cinq ans de métier, la docteure Françoise Besnard a vu défiler des centaines de patients, dont certains exposés aux pesticides. « J’ai eu plusieurs personnes atteintes de maladies graves, des travailleurs du bois notamment, qui ont travaillé une bonne partie de leur vie avec des pesticides. Je me rappelle aussi d’une dame décédée d’un cancer du rein qui habitait à proximité de vignes ». À l’époque la médecin généraliste l’avoue elle-même : « Je n’y connaissais rien, je n’avais pas assez d’outils pour mener l’enquête. »
Plusieurs maladies reconnues
Viticulteurs, agriculteurs, paysagistes ou simples riverains, pendant longtemps nombreux sont celles et ceux à avoir été victimes des produits phytosanitaires sans même en avoir connaissance.
L’une des plus importantes études scientifiques menées sur le sujet, par l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) en 2021, a pourtant montré « la présomption forte d’un lien entre l’exposition aux pesticides et six pathologies », comme le cancer de la prostate, la maladie de Parkinson et les bronchites chroniques.
L’institut a aussi mis en évidence le risque de certains cancers, en particulier les leucémies chez les enfants, dont les mères ont été exposées pendant la grossesse.
Informer les citoyens
Aujourd’hui, la docteure Françoise Besnard fait partie de l’association Alerte des médecins sur les pesticides qui regroupe une petite dizaine de soignants en Sarthe et plusieurs centaines à l’échelle nationale. « Ça m’a apporté des informations scientifiques et ça me permet d’être au courant des derniers textes réglementaires », explique-t-elle.
Désormais, elle aide notamment à faire reconnaître certaines maladies professionnelles qui donnent le droit à des indemnisations. Mais surtout, elle se bat pour informer les citoyens. « On sait maintenant qu’il y a les aliments ultratransformés et les perturbateurs endocriniens qui entraînent des maladies. »
Lire aussi : TÉMOIGNAGE. « Les pesticides ont pourri ma vie » : la colère d’une ancienne agricultrice
Pour elle, une solution : consommer le maximum de produits biologiques. À ses côtés, une psychiatre a également rejoint le mouvement : « L’idée, c’est de montrer qu’il y a des solutions et que nous sommes là pour transmettre des messages utiles. »
Les deux femmes réclament une véritable prise de conscience des pouvoirs publics. L’association milite aussi pour la mise en place des ordonnances vertes, comme cela est le cas à Strasbourg, permettant à des femmes enceintes d’être sensibilisées à une alimentation sans pesticides et sans perturbateurs endocriniens.