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« Si le projet aboutit, ça sera formidable » : Le Mans, ville de la voiture, se met doucement au vélo... |
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Françoise Bréheret, porte-parole de l’association des usagers de la bicyclette dans l’agglomération du Mans : « Au Mans, la place du vélo s’améliore, mais on a encore du retard. » © SIMON TORLOTIN/Ouest-France
L’agglomération mancelle pointe à la quinzième place des métropoles engagées dans l’aménagement d’un réseau cyclable de haute qualité. Derrière des pionnières comme Rennes. Mais devant Angers, Brest ou Caen.
La ville de la voiture vire vers le vélo. Si Le Mans pédale loin derrière les pionnières, comme Strasbourg, Grenoble ou Rennes, la préfecture sarthoise fait partie des quinze premières agglomérations engagées dans un Réseau express vélo (Rev). Elle pointe, toutefois, en queue de ce peloton, mais devant des villes comme Angers, Brest ou Caen qui n’ont pas franchi la ligne de départ.
« Tenir la distance »
La capitale de la course automobile a pu intégrer le classement grâce à son plan Chronovélo, qui prévoit, dans un ensemble de 315 kilomètres, une armature de plus de 70 kilomètres de voies sécurisées et balisées. D’après l’étude de la Fédération des usagères et usagers de la bicyclette, 10 % de ces 70 kilomètres sont déjà réalisés : des pistes et voies vertes antérieures au plan Chronovélo. Qui prend du retard.
Initialement prévu en 2025, le lancement du chantier est repoussé à fin 2026. Motif ? Le coût : 38 millions d’euros. En mai 2025, lors du vote du report du projet, Stéphane Le Foll (PS), président de la métropole, affirmait vouloir maintenir l’objectif malgré l’envolée du budget : On décale une partie des travaux car nous devons lisser nos investissements pour tenir la distance.
« On attend de voir »
Ce décalage inquiète Françoise Bréheret, porte-parole de Cyclamaine, association de cyclistes de l’agglomération mancelle, ravie du plan Chronovélo sur le papier
. Mais sceptique quant à son application concrète. On attend de voirÂ
, note la cycliste, refroidie par des promesses en suspens, notamment celle d’une passerelle devant faciliter les liaisons au nord de la ville. Le chantier est sans arrêt reporté.
La militante s’interroge aussi sur l’éventuelle suppression d’une voie de rocade urbaine pour y aménager une piste bidirectionnelle réservée aux bicycles : « Réduire la place de la voiture, ça s’est fait à Angers sur les bords de la Maine,
à Rennes sur les quais. Mais j’ai du mal à croire qu’au Mans, des élus supprimeront une voie de rocade. Si le projet aboutit, ça sera formidable. Pour l’instant, le Rev n’est qu’un rêve. »