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« Savoir qui étaient ces hommes sur la plaque »: ce Sarthois réalise un travail de mémoire sur la société Gnome et Rhône... |
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Jean-Yves Pierrès est rentré chez Jeumont-Schneider en 1977 et a pris sa retraite en 2018. Il est également rédacteur, trésorier, et webmaster pour la revue La Vie Mancelle et Sarthoise © Ouest-France
Jean-Yves Pierrès, ancien salarié de la société Flowserve, a retracé l’histoire des salariés de la SMGR d’Arnage (Sarthe) morts pour la France, dont le nom figure sur la plaque commémorative du site.
Jean-Yves Pierrès, 68 ans, a retracé l’histoire des personnels de la Société des moteurs Gnome et Rhône d’Arnage (Sarthe), morts lors de la Seconde Guerre mondiale et d’Indochine.
De Gnome & Rhône à Flowserve
L’entreprise Gnome et Rhône, qui fabrique des motos et des bicyclettes, s’implante en 1938 à Arnage, pour produire des moteurs d’avion. Elle est nationalisée à l’issue de la seconde guerre mondiale pour former la SNECMA (société nationale d’étude et de construction de moteurs d’aviation), puis intègre le groupe Safran en 2005.
En 1948, le site devient vacant, la société des Forges et ateliers de construction électrique de Jeumont louent les bâtiments aux domaines pour y fabriquer des moteurs électriques et des pompes. En 1958 elle achète une partie des locaux, l’autre partie est vendue à Glaenzer. Ce sont aujourd’hui, Flowserve et GKN qui occupent ces murs.
« Derrière un nom il y a forcément une histoire »
Jean-Yves Pierrès a retracé l’histoire de ce site :  Lors des portes ouvertes, je faisais une présentation de l’histoire de l’entreprise, j’avais effectué des recherches avec un groupe de travail, mon père y travaillait depuis 1945.Â

Ligne d’assemblage des moteurs d’avion produits à Arnage par la SMGR Collection des anciens de Jeumont
Très vite, la plaque commémorative l’a interpellé :  Chaque année, on se réunissait la veille du 1er novembre pour commémorer les personnels de Gnome et Rhône. Ça me titillait depuis belle lurette de savoir qui étaient ces hommes inscrits sur la plaque, derrière un nom il y a forcément une histoire.Â
Pour chacun de ces hommes, il a retrouvé leur parcours qu’il a consigné dans une fiche :  Le nom de Manouchian a résonné en moi lors de sa panthéonisation en 2024, j’avais vu qu’il avait travaillé chez Gnome et Rhône, je me suis dirigé vers les archives de SAFRAN.Â
Jeu de piste et énigmes
 J’ai aimé le contact les secrétaires de mairie, les historiens, et même l’arrière-petit-fils de Philibert LafortuneÂ
, Jean-Yves Pierrès. Mais certains faits restent à éclaircir :  Mabrouk Chabout a trouvé la mort près de Lhomme, lors d’une échauffourée en août 1944, mais je n’en retrouve pas trace.Â
Un travail de mémoire
La plaque est une des rares encore visibles dans les entreprises de la Sarthe, mais ce qui contrarie notre historien, c’est qu’un nom y manque :  J’ai fait une demande auprès de la direction pour y ajouter le nom de Missak Manouchian, mais ma demande est restée sans réponse.Â

La plaque a été offerte, en 1945, par la section syndicale CGT de l’usine Kellermann, Paris 13e Jean-Yves Pierrès
Quoi qu’il en soit ses travaux ne seront pas vains :  Une partie de mes fiches sera publiée dans la revue Le Bordager du cercle généalogique de Maine et Perche, ainsi qu’un article sur l’histoire de Gnome et Rhône dans le magazine La Vie mancelle et sarthoise.Â