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« Pourquoi tant de violence ? » : les jeunes inquiets face à l’agressivité au volant... |
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« On a peur de nous-même et des autres», confie une jeune lycéenne. © Photo Le Maine Libre
La métropole du Mans a mis en place une journée sur la prévention routière ce mercredi 15 octobre 2025, alors que des actions étaient lancées ce même jour dans toute la France pour lutter contre l’agressivité au volant. Le Maine Libre a interrogé des lycéens à ce sujet, après qu’un jeune automobiliste a été tué par un autre le 27 septembre au Mans.
En Sarthe, de nombreux habitants ont été choqués par la violente altercation entre deux jeunes automobilistes qui a coûté la vie à un homme de 23 ans. C’était le samedi 27 septembre 2025 en après-midi au Mans, à proximité d’un centre-ville bondé, devant témoins.
Personne ici n’aurait cru qu’on puisse en arriver là pour un refus de priorité, une parole ou un geste mal placé. De même qu’on ne pouvait imaginer qu’un cycliste de 27 ans soit délibérément écrasé par un automobiliste à Paris, il y a tout juste un an, le 15 octobre 2024. Pourquoi tant de violence ? À quoi ça sert ?
, se demandent Typhaine et Justin, 17 ans, élèves au lycée Bellevue, au Mans.
Ce mercredi 15 octobre 2025, en matinée, deux classes de terminale de ce lycée participent à l’une des animations proposées par Le Mans métropole dans le cadre d’une journée sur la prévention routière.

Ce groupe d’élèves en terminale au lycée Bellevue a participé à la journée de prévention routière, mercredi au Mans. Photo Le Maine Libre Yvon Loue
Le Maine Libre donne la parole à un petit groupe d’élèves, dont la plupart ont déjà le permis de conduire (désormais autorisé à 17 ans).
Des lycéens prudents face à des risques multiples
Un refus de priorité, ça peut arriver, il y a plein de choses à faire avant de frapper quelqu’un !
, s’inquiète Anass, 19 ans. Au volant, on est très concentré à ne pas faire de bêtises car on sait que ça peut dérailler à tout moment
, avoue Mathilde, 17 ans. Une copine ajoute : Déjà les réparations coûtent cher si on abîme la voiture
.
+ « Son impact sur la santé mentale est largement négligé » : ce que la mobilité peut engendrer
Justin réfléchit. On a peur de nous-même et des autres, on est un peu sur les nerfs. Il faut savoir rester calme
. Et si quelqu’un se montre agressif et sort de son véhicule ? On ferme la vitre.
Malgré cette précaution, certains usagers de la route sont agressés physiquement. Mon grand-père s’est fait sortir de sa voiture et il a été tabassé, ça s’est passé à côté de Limoges
, raconte Typhaine.
La sécurité des cyclistes en question
Les automobilistes ne sont pas les seuls sur la route. On voit bien que les gens en voiture ne font pas attention aux cyclistes, ils sont nerveux, surtout en ce moment avec les travaux un peu partout en ville
, regrette le petit groupe de lycéens. Que pensent-ils des jeunes conducteurs - une minorité - qui roulent beaucoup trop vite sans respecter les autres usagers ? Ils sont inconscients.
Deux filles ajoutent : À l’auto-école, il n’y a pas assez de prévention aux risques pour les cyclistes
.

Des animations de sensibilisation à la sécurité routière pour petits et grands. Photo Le Maine Libre - Yvon Loué
> > > L’agressivité est une évolution de la société
L’atelier auquel ont participé les deux classes du lycée Bellevue avait pour thème le partage de la route. Il était organisé par Coraline Moitié, étudiante en master design des politiques publiques (à Rennes et Nantes) et alternante à la direction solidarité et santé de Le Mans métropole. L’agressivité augmente à partir du moment où on sort de chez soi, pas qu’au volant
, remarque la jeune femme. C’est le vivre-ensemble qui est en jeu. Il y a un manque d’empathie globale, une hausse de l’individualisme et de l’autocentrisme dans la société.

Coraline Moitié a organisé l’atelier sur le partage de la route destiné aux lycéens. Le Maine Libre
Bouchons, travaux, véhicules trop lents : on constate également de plus en plus une intolérance à la frustration. Le partage de la route, c’est le respect de l’autre, la bienveillance
, rappelle Sophie Lhuillery, assistance au coordinateur de la sécurité routière en Sarthe. J’ai l’impression que les gens se font de plus en plus leur propre loi, leurs propres règles. Pourtant, quand on passe le permis de conduire, on s’engage à respecter le Code de la route.

Sophie Lhuillery est l’adjointe au coordinateur de la sécurité routière en Sarthe. Le Maine Libre
Du 15 au 21 octobre, pour la première fois à l’échelle du pays, la Sécurité routière mène une grande opération de communication pour lutter contre l’agressivité sur la route.