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Perche Sarthois. Fraîchement arrivée, Philippine va achever l’inventaire du patrimoine culturel... |
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Philippine Piel, 25 ans, recrutée comme chargée de mission pour clore l’inventaire patrimonial des bourgs du Perche sarthois. © Le Maine Libre
Licenciée d’art et d’histoire et titulaire d’un master de l’Université de Rennes, la recrue du Pays d’art et d’histoire du Perche Sarthois a été recrutée parmi cinquante candidats.
Savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va. C’est ainsi que Didier Reveau, maire de La Ferté-Bernard, résume l’enjeu de la mission nouvellement confiée à Philippine Piel, licenciée d’art et d’histoire et titulaire d’un master de l’Université de Rennes, recrutée le 18 janvier 2021 et qui va poursuivre le travail d’inventaire des bourgs pour les trois années à venir. Rencontre avec la jeune recrue, mais aussi Sylvie Lemercier, directrice, Pierre Cruchet, président du Perche Sarthois.
« Le Maine Libre » : Un inventaire, de quoi s’agit-il ? Expliquez-nous.
Sylvie Lemercier : « L’inventaire général du patrimoine culturel a été lancé, en 1964, par André Malraux. L’inventaire de La Ferté-Bernard avait, lui, duré dix années durant. Il était alors mené sous la houlette de l’État. Comme celui de Montmirail également. Et depuis 2004, il relève de la compétence des Régions ».
Pierre Cruchet : « La compétence régionale a démarré avec l’inventaire du canton de Bonnétable, qui s’est déroulé entre 2006 et 2010. Depuis, le Perche Sarthois a édité huit publications sous le titre de « parcours découverte » pour les bourgs de Valennes, Sceaux-sur-Huisne, Conflans-sur-Anille, Tuffé-Val-de-la-Chéronne, Monfort-le-Gesnois, Connerré, Coudrecieux et Semur-en-Vallon… Enfin celui de Bessé-sur-Braye est en cours de rédaction. »
Philippine Piel : « Mon travail va consister à poursuivre cet inventaire [neuf bourgs sur douze ont déjà été inventoriés par Pierrick Barreau de 2017 à 2020, N.D.L.R.] par l’étude de différentes données : de la morphologie urbaine des bourgs aux cadastres anciens, en passant par des ouvrages plus généraux. Les trois derniers bourgs à étudier sont donc Torcé-en-Vallée, La Bosse puis Saint-Calais. »
Et quels sont les enjeux ?
Sylvie Lemercier : « Ces données d’inventaire inscrivent les bourgs dans un territoire plus vaste. Ils doivent permettre de faciliter les travaux d’urbanisme et d’aménagement en mettant en exergue les spécificités territoriales et les spécificités patrimoniales du Pays d’art et d’histoire. Nous espérons pouvoir monter une exposition itinérante qui sera destinée au grand public. »
Didier Reveau : « Il est important que les gens puissent se réapproprier l’histoire de leur village. Surtout dans le contexte actuel. Savoir d’où l’on vient permet aussi de savoir où l’on va. C’est bien là l’essentiel. »
Pierre Cruchet : « Le travail de collecte devient plus qu’urgent. À Sceaux-sur-Huisne, le village de mon père, il y avait des souterrains autrefois qui reliaient alors le bourg au château de la Roche à Vouvray-sur-Huisne. Mais faute d’être allé assez rapidement les interroger, les témoins, qui auraient pu nous éclairer sur le sujet, ont aujourd’hui disparu… »
Quel budget pour ces actions ?
Didier Reveau : « Le budget culturel régional 2021 s’élève à 8 millions d’euros. Certes, une grande partie des fonds va cette année à l’abbaye de Fontevraud dans le Maine-et-Loire. Mais tout ne se joue pas à Nantes et nous nous réjouissons que ces stratégies de défrichement culturel soient déclinées sur l’ensemble du territoire des Pays de la Loire. »
D’autres chantiers importants ?
Pierre Cruchet : « La navigabilité de l’Huisne et un hommage à des personnalités célèbres du Perche sont les autres axes de travail des années à venir. Nous en reparlerons… »
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