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« Penelope Fillon était la meilleure collaboratrice que je pouvais trouver », dit Marc Joulaud... |
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Marc Joulaud et François Fillon, en arrière-plan, Pénélope Fillon. © Archive OUEST FRANCE
Marc Joulaud, l’ancien-suppléant à l’Assemblée de François Fillon, est jugé en appel avec l’ex-Premier ministre et son épouse Penelope, dans l’affaire des soupçons d’emplois fictifs.
La même ligne de défense qu’en première instance. Alignée aussi sur celle de François Fillon. Marc Joulaud, 53 ans, jugé en appel à ses côtés dans l’affaire des soupçons d’emplois « fictifs ou surévalués » de l’épouse de l’ex-Premier ministre a répété « l’effectivité de son travail » comme assistante parlementaire.
Il a, comme le couple, été condamné en juin 2020. Le tribunal avait prononcé contre lui une peine de trois ans de prison avec sursis et 20 000 € d’amende avec sursis, pour détournement de fonds publics. Jugement que « conteste » l’ancien suppléant de François Fillon devenu député de la Sarthe quand son mentor est nommé au gouvernement, en 2002.
« Garder la circonscription »
Il a assuré mardi à la barre que Penelope Fillon « était la meilleure collaboratrice parlementaire qu’il pouvait trouver » quand il est appelé à siéger à l’Assemblée. « Ne connaissant pas entièrement la circonscription et n’étant pas connu des habitants », alors qu’elle « arp ente le territoire depuis vingt ans », explique-t-il. Tout en reconnaissant qu’il n’était au départ pas « demandeur » de cette embauche, suggérée par François Fillon, il souligne l’objectif : « Garder la circonscription ».
L’ex-locataire de Matignon avait dit « de continuer à fonctionner comme avant ? », demande la Cour. « Oui, de manière resserrée, avec moi et son épouse », déclare Marc Joulaud, qui défend la poursuite du contrat de Penelope Fillon. Un contrat « rempli par son mari », avec un salaire qui « bondit » alors à 5 300 € nets, relève le président François Reygrobellet. L’ancien maire de Sablé-sur-Sarthe précise que « c’était un contrat type. On avait évoqué l’organisation […] Et je ne connaissais pas les salaires précédents. »
Les missions de Penelope Fillon ? « Trois, selon lui. Favoriser mon implantation locale, me conseiller sur des courriers et interventions, puis continuer à traiter le courrier adressé à François Fillon. » Une « collaboration immatérielle », note le président, rappelant le faible nombre de pièces du dossier pour cette période 2002-2007.
« Pourquoi ne pas avoir dit à vos collaboratrices que vous rémunériez Penelope Fillon ? », ajoute la Cour. « Je ne vois pas ce que ça m’aurait apporté », répond l’ancien député. « Rémunérer l’épouse de celui qui vous a fait entrer en politique, c’est source d’ambiguïté », pointe le magistrat. « Je le regrette, dit Marc Joulaud. Il aurait fallu officialiser la situation contractuelle. »