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« On n’avait jamais vu ça » : à Oudon, après la crue, on évalue les dégâts... |
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Les deux restaurants d’Aziz Yilmaz, gérant du cul du Moulin, à Champtoceaux (Orée-d’Anjou) et du Hâvre de Paix, à Oudon, ont été inondés : « Forcément, j’ai un peu peur ! » © Ouest-France
Inondés, particuliers et professionnels dressent l’inventaire des dégâts. Mais avant la décrue, c’est l’incertitude autour des indemnisations et de la reprise d’activité qui domine.
J’ai perdu 30 000 € de vin.
Aziz Yilmaz, restaurateur, fait les comptes. Les caves de ses deux restaurants ont été entièrement inondées. Mais c’est au Hâvre de Paix, à Oudon, que le préjudice est le plus lourd. Sur place, les tableaux électriques, la chaudière et la chambre froide n’ont pas résisté à la crue. À cela s’ajoutent deux à trois mois de travaux nécessaires pour remettre les lieux en état.
Installé depuis sept ans, le restaurateur pensait pourtant connaître les tumultes de la Loire. C’est monté plus vite qu’ils ne l’avaient annoncé.
Aujourd’hui, il peine à revenir sur place. Forcément, j’ai un peu peur.
Les démarches administratives ont déjà commencé. J’ai eu l’expert de l’assurance au téléphone. Il m’a demandé d’envoyer tous les devis, factures, justificatifs… Il passera après la décrue.
Concernant ses deux salariés et l’avenir de son activité, Aziz Yilmaz découvre les dispositifs d’aide au fil des jours. Apparemment, il y a du chômage technique pris en charge par l’État.
C’est la première fois qu’il connaît une telle crue. Et ce n’est pas le seul.
« Il faut attendre le retrait de l’eau pour pouvoir constater les dégâts »
Dans leur maison, à Oudon, Didier et Arlette, ont vu leur cave complètement inondée. Une première. On n’avait jamais vu ça
, confie le couple. Dans la pièce de 20 m², tout est à refaire.
À l’intérieur, factures et dossiers administratifs n’ont pas pu être sauvés à temps. On n’a pas eu le temps de tout remonter
, explique Arlette. Les assurances ont été contactées. La famille attend désormais la visite de l’expert pour évaluer les dégâts et recevoir des indemnisations.
Depuis samedi, le cabinet médical, inauguré en 2019, a lui aussi pour la première fois les pieds dans l’eau. Environ trois centimètres, estime Charles Hibon, chirurgien-dentiste, l’un des praticiens. J’ai appelé notre assureur ce matin pour savoir s’il y avait des déclarations préalables à effectuer. C’est trop tôt pour l’instant. Il faut attendre le retrait de l’eau pour pouvoir constater les dégâts.
Avec l’aide des agents municipaux, du matériel a pu être surélevé mais les fauteuils dentaires, la radiographie panoramique sont fixés au sol, avec le réseau électrique, l’arrivée d’eau et d’air comprimé. On sera rassurés quand on pourra connaître le montant des dégâts et celui des indemnisations. Et surtout, quand on pourra recommencer à travailler.
Pas d’assurance pour l’instant, mais un appel à la solidarité
Rue de la Loire, une fratrie s’attelle à la tâche. Inquiète face à la montée des eaux. Trop tôt pour penser aux assurances. Pour l’instant, ils sauvent les meubles. L’eau est arrivée en limite de maison. J’ai tout relevé sur parpaing de 30 cm, explique l’un des frères. Et j’ai déjà 30 cm dans le garage. C’est impressionnant ! J’ai connu ça à l’âge de 7 ans et j’en ai 50, aujourd’hui.
La cave seulement, mais jamais jusqu’ici, au pied de la maison, rectifie son père. Je n’ai jamais vu ça depuis 1960 ou 1961. Et à l’époque, on ne demandait même pas les assurances.
Ils espèrent passer au travers, cette fois.
Pour l’instant, la vraie assurance c’est la solidarité. C’est monté assez vite, mais il y a une grosse entraide entre les habitants. Ils ont besoin d’être rassurés, alors on passe les voir, indique Alain Bourgoin , maire sortant d’Oudon (qui ne se représente pas). Ce sont davantage les commerces qui se posent des questions sur l’après.
Les élus se demandent désormais à qui il faudra adresser la facture. Que l’on sache tout de suite qui va payer
, glisse l’un d’entre eux.