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« On a deux minutes pour s’habiller et monter dans le camion » : sapeuse-pompière, elle est toujours prête à intervenir... |
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En intervention ou à l’entraînement, Céline Simon travaille en équipe avec les autres sapeurs-pompiers, les équipements pouvant dépasser 20 kg. © Marc Ollivier/Ouest-France
Chaque samedi, Ouest-France présente un métier. Ce 14 février 2026, direction la caserne de Rennes - Beauregard (Ille-et-Vilaine), pour découvrir le quotidien de Céline Simon, sapeuse-pompière. Elle prend des gardes de 24 heures sans savoir ce qui l’attend : un secours à personnes, un accident de la route, un feu. Il s’agit d’arriver vite et d’agir juste.
Le matin, quand elle arrive à la caserne de Rennes - Beauregard (Ille-et-Vilaine), Céline Simon, sapeuse-pompière professionnelle, commence par un passage au vestiaire. Un alignement de casiers rouges contenant rangers, pantalons, vestes et casques. Tout doit être prêt.
Quand le signal de départ retentit, on a deux minutes pour s’habiller et monter dans le camion auquel on est affecté.
En intervention incendie ou secours routier, elle ajoute un appareil respiratoire : son équipement atteint alors 22 kg.

« Je ne suis pas très grande, mais je suis triathlète depuis sept ans, sourit Céline Simon. C’est un métier physique, il faut tenir. » Marc Ollivier/Ouest-France
La majorité de ses missions concerne le secours à personnes, souvent en urgence vitale, à domicile, sur la voie publique ou au travail. Céline réalise les gestes de premiers secours comme un massage cardiaque, prend la tension, relève les constantes. On saisit toutes les informations sur une tablette pour les transmettre au médecin qui prendra le relais.
Elle intervient aussi régulièrement sur des accidents de la route. On réalise un balisage de la zone, parfois on découpe le véhicule pour accéder aux victimes. Le chef d’agrès donne les ordres, chacun joue un rôle précis.

La majorité des missions de Céline Simon, sapeuse-pompière, sont des secours à personnes, souvent en urgence vitale. Marc Ollivier/Ouest-France
Le métier comprend aussi la lutte contre les incendies dans les habitations ou les entreprises, les feux de forêt, ou la protection des personnes et des biens lors d’inondations.
À 30 ans, Céline travaille par gardes de 24 heures, suivies de 72 heures de repos. Sa journée débute à 7 h par une heure de sport : course à pied, piscine, renforcement musculaire. C’est un métier physique, il faut tenir. Je ne suis pas très grande, mais je suis triathlète depuis sept ans
, sourit-elle. La suite alterne entre manœuvres (entraînements), entretien des véhicules, du matériel et réapprovisionnement des pharmacies utilisées pour les secours à personnes.
Un fort esprit d’équipe
Les interventions rythment la journée. Au haut-parleur, l’annonce tombe : Départ du véhicule 21
 : une personne a fait un AVC. Je fais de nombreuses interventions par garde, de jour comme de nuit.
En fin d’après-midi, une deuxième séance de sport est organisée, souvent collective. On partage un fort esprit d’équipe. On passe beaucoup de temps ensemble, on se soutient mutuellement car les interventions ne sont pas toujours faciles.
Sur le terrain, Céline suit les ordres du chef d’agrès. La coordination, le respect de la hiérarchie et la confiance sont essentiels.
Le soir, après le repas, les pompiers se détendent au foyer ou se reposent dans leurs chambres, jusqu’à un nouvel appel.

La lutte contre les incendies dans les habitations, les entreprises, et les feux de forêt font aussi partie du métier. Marc Ollivier/Ouest-France
Le parcours de Céline n’était pas tracé. Après un bac professionnel puis un BTS en hôtellerie-restauration obtenu en 2012, elle travaille plusieurs années en restauration puis en grande distribution.
En 2018, elle devient sapeuse-pompière volontaire à Iffendic (Ille-et-Vilaine) : Je souhaitais aider et me sentir utile, placer l’humain au centre de mon travail.
Elle rate une première fois le concours, le prépare à nouveau en travaillant comme pompier en CDD à Redon (Ille-et-Vilaine), et l’obtient au second essai.
Dans ce métier, j’aime la diversité, l’imprévu et l’adrénaline. Il faut du sang-froid pour la gérer
, explique Céline, mère d’un jeune enfant. Au quotidien, on côtoie la mort, ça fait partie du métier. On ne s’habitue jamais vraiment mais on s’épaule entre collègues.