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Les ombrières photovoltaïques, des parasols géants pour produire de l’énergie propre... |
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Au Mans, la société rennaise See You Sun vient de poser plus de 770 m2 de panneaux photovoltaïques perchés sur des armatures métalliques, au-dessus des parkings de l’entreprise Colart. Dont la facture annuelle d’électricité va se réduire de 16 000 €. © Franck Dubray, Ouest France
Parkings de gymnase, d’entreprise, de maison de santé : autour du Mans, 23 parasols géants produisent de l’énergie solaire. L’équivalent de la consommation électrique d’un millier d’habitants.
Produire de l’électricité propre, made in Sarthe. C’est le credo du pays du Mans, qui, depuis un an, a vu éclore vingt-trois ombrières photovoltaïques : de hautes armatures sur lesquelles sont fixés des panneaux solaires.
Équipés d’une borne de recharge pour véhicules électriques, ces parasols métalliques fleurissent sur les parkings bitumés de la préfecture sarthoise et des communes voisines : centre de maintenance du tramway, gymnases, stades, maisons de quartier, salles de spectacle, centre de santé, boulodrome...
Parking abrité et gratuit
Des entreprises de zones industrielles et artisanales investissent dans ces capteurs solaires faciles à installer. Comme l’hypermarché Auchan, qui, d’ici à la fin de l’année, devrait en déployer 16 000 m2. Des projets plus ambitieux se précisent pour les aires de stationnement du parc des expositions et du MMArena, le stade de foot. Le gisement est énorme. On a identifié 500 sites potentiels
, assure Jacques Gouffé, élu écologiste et patron de Cénovia, société d’équipement de la métropole du Mans, qui pilote les implantations.

Depuis plus d’un an, le pays du Mans met en place des panneaux photovoltaïques sur des parkings publics ou privés. Gymnases, stades de foot, maisons de quartier, boulodromes, entreprises en zone industrielle... Archives
Originalité de la démarche pour ceux qui font le choix de signer avec Cénovia: le propriétaire du terrain ne débourse pas un centime. Ça ne lui coûte rien, ni en investissement, ni en maintenance. Et ça permet d’avoir des places de parking à l’abri de la pluie et du soleil
, argumente Jacques Gouffé. Autre intérêt: les ombrières évitent de construire des champs de panneaux photovoltaïques sur des terres naturelles ou agricoles.
La production des 23 ombrières du pays du Mans correspond à la consommation de près d’un millier de personnes. Jacques Gouffé espère doubler la capacité dès l’an prochain.
Empreinte carbone positive au bout de douze ans
Pour l’instant, l’essentiel de l’énergie est revendu à un acheteur type EDF ou Enercoop, avec un tarif garanti. Mais l’électricité peut aussi rester dans le réseau local, en autoconsommation. C’est le choix de Colart, leader mondial de la peinture d’art, qui vient de poser près de 800 m2 d’ombrières sur son site, au nord du Mans. De quoi produire 5 % de sa consommation. Et réduire de 16 000 € la facture annuelle d’électricité.

Les ombrières captent l’énergie solaire tout en protégeant les voitures de la pluie. Et du soleil. Ouest-France
Rentable, sachant qu’une ombrière de 600 m² coûte 135 000 € ? Oui. Le retour sur investissement est d’environ dix-sept ans et nos modèles ont une durée de vie de trente ans.
L’empreinte carbone ? Positive à partir de douze ans. Il y a des clauses d’éco-participation, comme pour l’achat d’un frigo. Et la profession récupère les panneaux pour les recycler à 95 %
, assure Jacques Gouffé, qui défend le choix, cornélien, de charpentes en métal plutôt qu’en bois, matériau plus cher. Nous sommes sur un modèle économique précaire.
Comme la Convention citoyenne pour le climat, l’élu réclame une différenciation des tarifs de rachat selon les régions. Et pour cause : avec un peu plus de mille heures d’ensoleillement maximum par an, le ciel sarthois ne brille pas comme celui de la Côte d’Azur. Par rapport à la Sarthe, on produit 30 % de plus en Vendée et 50 % dans le sud de la France. Mais on a besoin d’électricité sur tout le territoire.
Y compris au nord de la Loire.