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« La présence de ce boucher est une menace » : vent de colère à l’épicerie... |
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Christelle Jousse, présidente de l’association de l’épicerie gourmande, entourée de Benoit Leveau ( trésorier) et d’un des bénévoles, le 17 mars. © Le Maine Libre
Ça gronde et le torchon brûle entre l’association de l’épicerie gourmande et la municipalité, à Roëzé-sur-Sarthe.
La candidature de l’épicerie gourmande a été refusée par la municipalité pour occuper un des deux locaux qui se construisent place Isaac-de-La-Roche, à Roëzé. Christelle Jousse, présidente depuis un an de l’association de l’épicerie gourmande, monte au créneau. Trouvant la décision injuste de ne pas avoir été retenue pour occuper une des deux cellules en cours de construction.
« Nous avons une moyenne de 100 clients par jour »
Elle souligne :  L’association a été créée il y a quatre années en arrière, en juin 2019, alors que nous avions pendant le Covid déjà mis en place un service de proximité auprès des habitants. Depuis le déconfinement, nous sommes installés rue de la Rose après avoir mis le local aux normes exigées (deuxième porte d’entrée…) ».
 Nous proposons des produits régionaux sélectionnés avec soin et rigueur auprès de plus de 42 producteurs dans un rayon de 35 km et d’un total de 65 en Sarthe et proches alentours. Nous avons une moyenne de 100 clients par jour, autant de centre-ville que d’une clientèle extra-muros conquise par la qualité des services ».
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« Pointée du doigt »
Elle poursuit :  Notre épicerie avait postulé par un dossier clair et précis de nos envies de déplacer l’activité et la développer en tant que commerce de bouche au sein de la deuxième structure commerciale du projet de la place Isaac-de-La-Roche. Nous étions sereins quant à  l’écoute que nous attendions de la municipalité ».
 Lors du conseil municipal du 21 février dernier, les élus de la commune ont dévoilé la nature du projet retenu et pour notre association il était évident que nous intégrerions cette cellule, mais le choix s’est porté sur le seul autre candidat en lice. Certes, la fragilité économique et financière de notre structure a été pointée du doigt, face à un projet soutenu par un chef d’entreprise déjà implanté dans le nord de la Sarthe ».
 Mais il me semble important de préciser qu’avant notre implantation, une épicerie et deux boucheries ne sont pas arrivées à pérenniser leur activité. Notre association emploie deux salariés et l’épicerie est ouverte tous les jours de la semaine et plus de 90 bénévoles sont présents (le service du dimanche étant assuré par eux ) ».
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« C’est aussi un lien social »
Et de conclure :  Ce choix nous semble injuste et surtout à contre-courant des préoccupations actuelles en matière de consommation : circuits courts et diminution de notre consommation de viande justement. Pour autant, nous sommes certains que la présence de ce boucher est une menace pour la pérennité de notre épicerie solidaire puisque la viande représente 30 % de notre chiffre d’affaires actuel ».
 Au-delà de la disparition à terme de notre commerce, c’est aussi un lieu de lien social qui risque de disparaître. Alors aujourd’hui, nous restons plus que jamais mobilisés pour assurer le devenir de notre épicerie dans notre village et en ce sens nous mènerons toutes les actions nécessaires pour faire entendre toutes ces incompréhensions ».
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À suivre…