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La Ferté-Bernard. « Se faire vacciner est un devoir citoyen »... |
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Le vaccin, « une chanceinestimable ». © archives Le Courrier de l’Ouest
À La Ferté-Bernard, le docteur Michel Landais se fait le porte-parole du Pôle Santé Simone-Veil pour cette campagne de vaccination anti-Covid-19, et répond aux questions que chacun peut se poser.
Le Maine Libre : Qu’est-ce qu’un virus ?
Michel Landais : « Les virus ne sont pas des êtres vivants, ils sont incapables de se reproduire dans la nature (ce qui n’est pas le cas des bactéries). Ils ont besoin de pénétrer dans des cellules vivantes (végétales, animales ou encore humaines) et ce sont ces cellules qui permettent leur multiplication, et les rendent virulents. »
Qu’est-ce qu’un vaccin traditionnel ? En comparaison à celui-ci donc ?
« Tous les vaccins sont fabriqués à partir de particules virales, bactéries tuées ou atténuées ou leur sécrétion toxique. Contrairement aux vaccins traditionnels les nouveaux vaccins proposés en Europe pour lutter contre la Covid-19 ne contiennent pas de particule virale. »
D’où vient ce nouveau vaccin alors ? Et comment ça marche ?
« Les chercheurs ont découvert que ce nouveau virus avait besoin d’une clé pour entrer dans nos cellules respiratoires. S’agissant d’une protéine appelée Spike. Ils ont déchiffré son code de fabrication. C’est l’injection d’une molécule de synthèse fabriquée en laboratoire qui est le code qui va permettre à notre organisme de fabriquer la protéine Spike. C’est ce code nommé ARN messager (car porteur d’un message) qui est injecté dans nos cellules. Lesquelles vont fabriquer la protéine. Nos « agents de sécurité » que sont les lymphocytes (catégorie de globules blancs) ne vont pas accepter la protéine qu’ils identifient comme étrangère ; ils vont fabriquer en quelques jours des anticorps qui vont détruire la protéine. Avec la vaccination, il n’y a plus de protéine Spike ni d’ARN messager dans notre organisme, par contre les anticorps eux vont persister. »
Comment fonctionne l’immunité ?
« Si nous sommes infectés par ce virus, nos anticorps que nous avons fabriqués, présents notre organisme, détruiront la protéine ce qui empêchera le virus de pénétrer dans nos cellules et provoquer la maladie. »
Mais cette technologie ARN messager c’est quoi ? Expliquez-nous.
« Elle est déjà utilisée depuis plus de 10 ans pour lutter contre certains cancers. Il n’a jamais été constaté d’effets secondaires importants. L’ARN messager est une molécule fragile qui est détruite. C’est ainsi la raison pour laquelle ce vaccin a pu nous être proposé aussi rapidement. »
Quels sont les effets secondaires ?
« Les seuls effets secondaires que l’on peut avoir sont ceux de tout vaccin existant (fièvre, douleurs au point d’injection…). Le fait de fabriquer des anticorps et la protéine nécessitent une production d’énergie qui peut entraîner cette élévation de température et des courbatures. »
Ce vaccin est-il bon pour tous ?
« Pour le moment il est contre-indiqué chez les personnes atteintes d’allergies très graves, les enfants de moins de 15 ans et les femmes enceintes, ce qui ne sera peut-être plus le cas dans quelque temps… »
Peut-il modifier nos gènes ? Et si le virus mute ? Que doit-on faire ?
« Cette molécule (ARN messager) ne peut pas pénétrer dans le noyau là où sont enfermés nos chromosomes porteurs de nos gènes, voilà pourquoi aucune sorte de modification n’est possible. Il faudra peut-être se faire revacciner périodiquement comme pour la grippe hivernale. »
Enfin quelles sont les inconnues ?
« L’inconnue est la durée de vie des anticorps de quelques mois à quelques années, et là c’est bien l’observation dans le temps qui le dira. »
Pour toute question relative à la vaccination, vous pouvez contacter votre médecin traitant ou déposer vos questions directement au secrétariat du Pôle Santé Simone-Veil, route de Mamers, à La Ferté-Bernard.