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« C’est un plaisir de le fréquenter » : Donald Trump et Jeffrey Epstein, une proximité embarrassante... |
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Une projection sur un bâtiment près de la Maison Blanche à Washington le vendredi 18 juillet 2025. © ALLISON BAILEY / via AFP
À nouveau pris dans la tourmente du scandale de l’affaire Jeffrey Epstein après la révélation d’une lettre compromettante, le président américain Donald Trump s’efforce d’amoindrir les liens qui l’associent à l’homme mort en prison, en 2019, alors qu’il était inculpé pour trafic sexuel de mineures. « Ouest-France » vous replonge dans le passé commun des deux milliardaires.
« Joyeux anniversaire et que chaque jour soit un autre merveilleux secret. » Dévoilée jeudi 17 juillet 2025 et accompagnée d’un dessin « salace », cette lettre envoyée par Donald Trump à son ami de longue date Jeffrey Epstein (décédé en 2019) à l’occasion de son 50e anniversaire, en 2003, vient remettre sur le devant de la scène, une relation que le président américain aurait bien aimé voir, elle, restée secrète.
Il s’en serait bien passé, lui qui tente désespérément d’effacer des années d’amitié avec l’homme d’affaires accusé, entre autres, de pédophilie et d’avoir été à la tête d’un réseau de prostitution international. « Une arnaque » selon le magnat de l’immobilier qui dément formellement avoir rédigé le papier. Mais difficile de nier quand les preuves de la proximité des deux hommes sont accablantes.
Entre business et mondanités, retour sur ces points marquants de la relation de ces deux figures emblématiques de la jet-set américaine.
Des soirées entre élites
Les clichés où l’on peut apercevoir les deux hommes ensemble ne sont pas rares. Tout au long des années 1990, Jeffrey Epstein et Donald Trump, de sept ans son aîné, partagent de nombreuses soirées dans des clubs privés. Femmes, luxe, alcool, les passions des deux hommes s’accordent. Comme le rapporte Le Parisien , les deux New-Yorkais évoluent dans les mêmes sphères à Manhattan comme en Floride, partageant leur carnet d’adresses.
« Je connais Jeff depuis 15 ans. C’est un type formidable », affirmait sans gêne en 2002 au New York Magazine  celui qui est aujourd’hui à la tête de la plus grande puissance économique mondiale. « C’est un plaisir de le fréquenter. On dit même qu’il aime les belles femmes autant que moi, et beaucoup d’entre elles sont jeunes. Aucun doute là -dessus : Jeffrey apprécie sa vie sociale », se hasardait-il même à raconter.
Parmi ces soirées au cours desquelles les deux hommes auraient été aperçus ensemble, une fête, en 1992, dans le club privé de Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride, dont Le Parisien retrace l’histoire. Selon plusieurs témoins, c’est dans cet établissement que Virginia Giuffre, future victime du criminel sexuel, pourrait avoir été recrutée comme « masseuse » par l’homme d’affaires.
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De mystérieux voyages en jets privés
Les « Lolita Express », c’est le nom de ces jets privés dans lesquels celui qui a mis fin à ses jours en prison en 2019, après avoir été inculpé pour trafic sexuel et agressions sexuelles sur mineures, transportait ses passagers jusqu’à son île privée de Little Saint James, située dans les îles Vierges des États-Unis. S’étant vue affublée du terrible surnom d’« île de la pédophilie », Little Saint James était le cœur névralgique du réseau de prostitution de Jeffrey Epstein.
Si le nom de Donald Trump n’a jamais été cité par des témoins l’ayant aperçu sur l’île ou prenant part d’une quelconque manière aux activités criminelles du milliardaire, il a toutefois été indiqué dans les données de vol de l’un des jets de Jeffrey Epstein que le président américain aurait emprunté plusieurs fois l’appareil. Entre 1993 et 1997, sept trajets sont recensés. Il s’agirait de vols effectués avec sa famille dont son ex-femme, Marla Maples et la fille de celle-ci ainsi que leur staff.
Rien, donc, de suffisant pour établir un quelconque lien avec les activités de Jeffrey Epstein, mais déjà bien assez pour que les détracteurs du président américain relancent le débat autour de la relation qu’entretenaient les deux milliardaires.
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La fin d’une relation
La rupture était cependant inévitable pour les deux hommes qui ne pouvaient lutter contre la spirale infernale de l’outrance et de la démesure sur laquelle repose pourtant les fondations de leur relation. En 2004, la course prend fin. Donald Trump a gagné. En jeu ? Un manoir en bord de mer à Palm Beach (Floride) comme le relate le Washington Post .
Le magnat aujourd’hui président aurait remporté l’enchère, provoquant la colère de son acolyte qui avait lui aussi arrêté son choix sur la bâtisse. Depuis cette date, plus aucune apparition publique des deux hommes n’est connue, précise Le Parisien.
La rupture définitive
Dernier clou dans le cercueil de la relation : la première condamnation d’Epstein en 2008 pour racolage de mineures, certaines âgées de moins de 14 ans. Depuis cette date, le président américain aurait banni cet ancien ami trop encombrant de sa propriété de Mar-a-Lago et définitivement coupé les ponts avec lui. « Je ne l’aimais pas. Je ne l’ai pas vu depuis 15 ans », déclarait-il en 2019, reniant toute proximité avec Epstein.
Le président américain avait même depuis fait de la révélation d’une prétendue « liste de clients » impliqués dans l’affaire Epstein l’un de ses fers de lance durant sa campagne pour sa réélection. L’aveu de l’inexistence de celle-ci avait été un coup de massue pour de nombreux partisans « Maga » qui avaient, dès lors, retourné leur veste, suspectant leur ancienne figure de proue de complicité dans l’affaire.
Face à cette vague de contestations, Donald Trump avait appelé ses sympathisants à ne pas « perdre du temps et de l’énergie sur Jeffrey Epstein, dont tout le monde se fiche ».
Pire encore, une déclaration choc d’Elon Musk publiée sur son réseau social X et avec qui la relation s’est tendue depuis son départ du gouvernement : « Donald Trump figure dans le dossier Epstein. C’est la véritable raison pour laquelle ils n’ont pas été rendus publiques ».
En 2016, une femme avait accusé Jeffrey Epstein et Donald Trump de l’avoir violée et battue 22 ans plus tôt alors qu’elle n’était âgée que de 13 ans. Sa plainte avait été rejetée peu avant l’élection présidentielle pour des motifs techniques. Jusqu’aujourd’hui, il n’existe aucune preuve de l’implication du président américain dans les activités criminelles de Jeffrey Epstein.