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Arnage. À cent ans, Raymonde « n’aime pas la vie d’aujourd’hui »... |
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Raymonde Boschat aime profiter du beau temps, dans son jardin de la rue des Pruniers à la Gautrie. © Jacky Boschat
Raymonde Boschat vient d’avoir cent ans. Cette habitante d’une des maisons Castors de la Gautrie à Arnage, construites par Renault, a toujours bon pied bon œil. Et son jardin pour s’occuper.
Raymonde Boschat a franchi le cap du siècle lundi 8 mars 2021, chez elle, dans sa maison « Castor » de la Gautrie (la Cité heureuse construite par Renault), entourée de l’affection de ses proches. Elle a aussi reçu la visite d’Ève Sans, maire d’Arnage.
« Je ne pensais pas arriver jusque-là »
Et pour fêter dignement ses cent printemps, elle s’était cueilli, la veille au soir, dans son jardin, un joli bouquet de violettes qu’elle a disposé au frais dans une coupelle d’eau. Il a été rejoint par bien d’autres, ainsi que par des friandises.
Native de Conflans-sur-Anille et bien connue au sein de ce petit cercle très fermé mais soudé des Castors, les Renault, à l’esprit de petit village tranquille, où elle réside depuis près de 70 ans, après avoir vécu un peu au Mans avec Roland son mari décédé en 2003, Raymonde a toujours bon pied bon œil.
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« Tous mes voisins sont partis »
Elle a plaisir à faire sa soupe, jardiner, et sait aussi fort bien répondre, et avec beaucoup de réparties, aux taquineries de son fils Jacky (qui avait six mois à l’arrivée de ses parents à la Gautrie), et de Guillaume, son petit-fils (fils de Patrice, décédé). Heureuse d’avoir de la visite, elle avoue : « Je ne pensais pas arriver jusque-là ».
Elle porte un regard bien tranché sur la vie actuelle : « Je n’aime pas la vie d’aujourd’hui, on ne participe plus à rien, on est coincés, y a bien des choses qui m’embêtent, heureusement j’ai mon jardin, j’ai eu un coup de mou au décès de Didier, mon petit jardinier ». Ce qui la chagrine aussi, c’est qu’elle n’a plus beaucoup de monde à qui parler autour d’elle hormis ses proches : « Tous les voisins sont partis, j’ai perdu aussi ma grande copine Jeannette, et Marcel ».
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Les Castors, une histoire de dur labeur intimement liée à la sienne comme elle le raconte volontiers : « On travaillait dur, même les dimanches, même nous les femmes on participait, on déblayait… On faisait à manger pour les gars qui construisaient quatre maisons sans savoir laquelle serait la leur, on les a bien méritées ».
Outre s’occuper de ses fils, Jean-Michel, l’aîné, 73 ans, Patrice et Jacky, Raymonde exerçait autrefois le métier de couturière à domicile, s’adonnait au scrabble, à la lecture et cuisinait beaucoup, Jacky en a encore l’eau à la bouche : « Elle cuisinait très bien même, la tête de veau, les tripes à la mode de Caen, elle a tout un cahier de recettes ».
Raymonde a aujourd’hui quatre petits-enfants et huit arrière-petits-enfants.