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Vendée Globe. Sam Davies et Initiatives Cœur se donnent « dix jours pour réparer »... |
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La sécurité avant la performance, telle est la consigne des sponsors avant que Samantha Davies ne reprenne la mer © Photo Le Maine archives Hervé Petitbon
Après une violente collision survenue au niveau de la quille de son bateau aux couleurs de l’entreprise sarthoise Initiatives-Coeur, Samantha Davies a été contrainte d’abandonner samedi 5 décembre 2020 le Vendée Globe. Mais ce n’est pas la fin de l’aventure. Dirigeant d’Initiatives-Coeur, Franck Vallée fait le point sur la situation.
« Le Maine Libre » : Vous avez eu des nouvelles de Samantha Davies. Comment va-t-elle ?
« Elle est encore un peu meurtrie, avec des contusions. Elle se remet et a retrouvé le sourire en ayant pu ramener le bateau d’une pièce. Au Cap, en Afrique du Sud, elle est stationnée à côté d’Hugo Boss. Un peu plus loin, dans la Marina, on trouve aussi Arkéa. »
On en sait un peu plus sur ce qui s’est passé ?
« Cela s’est passé mercredi soir, dans la nuit alors qu’elle naviguait à 15-20 nœuds. Il y a eu un choc monstrueux. C’est le plus violent qu’elle n’ait jamais eu. C’est aussi pour ça qu’elle veut repartir au plus vite. Il faut souligner que l’hiver dernier, en conformité avec les consignes données, nous avions effectué un renfort de la quille. Heureusement, car on aurait perdu le bateau. D’ailleurs, si on a un ensemble aussi résistant, c’est parce que l’on a toujours priorisé la sécurité sur la performance. »
Savez-vous ce qui a pu être heurté ?
« C’était dans le noir, elle n’a pas pu voir. Elle pense que ce n’était pas un cétacé. Elle se trouvait dans le courant des aiguilles, un courant chaud de l’Océan Indien qui se déverse dans l’Atlantique, qui déplace beaucoup de choses avec lui : billes de bois, containers etc. »
Et maintenant que va-t-il se passer ?
« C’est un peu comme pour une voiture. Un expert de l’assurance va passer pour inspecter les dégâts et faire une étude approfondie des dommages. Avant cela, il faut que le bateau soit sorti de l’eau. Du côté des sponsors, nous insistons pour qu’on ne fasse pas du bricolage. Le problème devra être intégralement résolu avant que Samantha puisse repartir. Aujourd’hui, on sait qu’au niveau du puits de quille, il y a du jeu et que le carbone a cédé ».
Le moral de la navigatrice est bon, malgré tout ?
« Sur les réseaux sociaux, elle a reçu beaucoup de petits mots gentils et de soutiens. Elle a été touchée. Dans sa reconstruction pour repartir c’est important. »
Et puis il y a aussi l’aventure Initiatives Cœur qui permet d’opérer des enfants souffrant de graves malformations cardiaques ?
« Oui. Pour sauver un enfant, il nous faut 12 000 €. Aujourd’hui, avec un clic = un cœur (les nouveaux followers sur Facebook ou sur Instagram donnent lieu, à chaque fois, au versement d’un euro par les sponsors) on sait que 30 enfants vont pouvoir être sauvés. L’objectif c’est 60.
Alors, même si le Vendée Globe est terminé pour Samantha, elle veut quand même boucler son tour du monde. On espère que Sam va pouvoir repartir en toute sécurité. On s’est donné dix jours pour réparer. »