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Karaté. Dnylson Jacquet, plus vite, plus haut et plus fort... |
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Dnylson Jacquet (à droite) n’a pas été sélectionné pour les Jeux olympiques de Tokyo. © Aurélien Morissard - FFK
Alors que le karaté est olympique à Tokyo pour la première et l’unique fois, le Manceau Dnylson Jacquet n’a pas pu être de la partie. La faute à un malheureux concours de circonstances… Le licencié du Samouraï 2000 n’a pas pu disputer les championnats d’Europ et le Tournoi de Qualification Olympique pour tenter de se qualifier aux JO. «Je n’ai pas de regret. Sur le plan humain, cette aventure olympique a été extrêmement riche, j’ai fait de belles rencontres», tente-il de positiver.
Vainqueur de la Serie A à Santiago en 2019, médaillé d’argent lors des Premier League à Madrid en 2019 et à Paris l’année suivante et plus récemment médaillé de bronze à Dubaï en 2020… Le constat est clair : licencié au Samouraï 2000 au Mans, le karatéka Dnylson Jacquet (+84 kg en WKF) est incontestablement un poids lourd dans sa catégorie.
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Enfin, pas pour tout le monde… Actuellement 7e au ranking WKF et 14e au ranking olympique, le jeune homme de 23 ans (1,98m) n’a pas pu suivre Leïla Heurtault à Tokyo pour y disputer les Jeux olympiques. Non pas à cause de ses résultats, mais parce qu’il n’a tout simplement pas été sélectionné par la Fédération française de Karaté (FFK) pour les championnats d’Europe à Porec (Croatie) en mai, ni pour le Tournoi de Qualification olympique à Pierre de Coubertin à Paris en juin dernier. Un choix d’autant plus surprenant puisqu’il a battu, ou du moins tenu la dragée haute, à la plupart des athlètes qui sont actuellement au Japon.
« J’ai fait le deuil des JO, je suis tourné vers l’avenir »
« Je ne comprends toujours pas, mais ce qui est fait est fait, positive l’intéressé. On ne peut pas retourner en arrière, j’essaye d’avancer pour revenir plus fort. J’en ai parlé directement avec les sélectionneurs mais ils m’ont dit que j’avais régressé alors que ce n’est pas vrai, c’est seulement un prétexte. Après cette décision, je pouvais m’écraser et sombrer, mais j’ai décidé de leur montrer qu’ils avaient entièrement tort et que j’étais toujours là . »
Il sera bien entendu présent devant sa télévision dès 3 heures du matin le 6 août pour encourager Leïla Heurtault dans sa quête vers la médaille d’or. Le cœur sera sans doute lourd mais l’esprit, lui, sera léger, puisqu’il aura fait tout son possible pour aller au bout de son aventure olympique.
« J’en ai fait le deuil, je suis tourné vers l’avenir, avance celui qui a tout de même validé sa deuxième année de licence Staps. Je n’ai pas de regret. Sur le plan humain, cette aventure olympique a été extrêmement riche, j’ai fait de belles rencontres. Rappelez-vous : lorsque j’avais 19 ans, personne ne misait sur moi. J’ai fait mon petit chemin, je suis remonté dans le top 10. Pour moi, cela reste la plus belle performance car c’est plus dur d’être classé que de faire un résultat. »
« Faire mon travail en n’ayant pas d’espoir »
Touché en classe de 6e par la maladie d’Osgood-Schlatter, qui le contraint à ne pas utiliser ses jambes lors des combats, l’ancien karatéka de Saint-Brieuc a été obligé de « faire autrement ». Et donc de ne pas être dans la norme. « J’ai la tête du fémur qui vient buter dans la ceinture pelvienne et ça peut rapidement s’inflammer, explique celui qui a refusé le pôle olympique pour rejoindre le Samouraï 2000. C’est une maladie de croissance au niveau du tendon du genou, elle est assez récurrente chez les personnes qui grandissent vite. J’étais à la limite de l’arrachement osseux. »
Mais pourtant, l’homme aux racines bretonnes, martiniquaises et haïtiennes a continué de se surpasser jusqu’à gagner ses premiers titres internationaux. Ce, après une longue période sans sport, alors qu’il a longtemps eu du mal à passer les premiers tours d’une compétition. « Ce qui me frustre le plus, c’est que le karaté ne sera pas olympique en 2024, se désole-t-il. La plupart des personnes pensent que je suis dépité alors que j’ai fait mon chemin. »
En stage avec l’équipe de France à Montpellier jusqu’à samedi, il tentera de faire bonne impression pour gagner des points auprès de la FFK pour le championnat du monde à Dubaï en novembre. « Serais-je sélectionné ? Je ne me pose pas de question. J’essaye simplement de faire mon travail en n’ayant pas d’espoir. » Une bien triste réalité que Leila Heurtault tentera d’atténuer en ramenant à l’or à la maison. Plus vite, plus haut, plus fort… Voilà la recette de Jacquet.