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ENTRETIEN. GP Explorer - Manon Lanza : « Les femmes ne sont pas que des objets marketing »... |
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Manon Lanza, fondatrice de la chaîne Allonsrider sur Youtube et amatrice de sports extrêmes. © Photo : Manon Lanza
Manon Lanza, créatrice de la chaîne Youtube « Allonsrider », participe au GP Explorer le 8 octobre, organisé par Squeezie. Amatrice de sports extrême et grande défenseuse des femmes dans le milieu, elle espère voir « la gent féminine » représentée sur le podium.
Jusqu’au GP Explorer, le 8 octobre 2022, Ouest-France passe en revue les 22 participants de l’évènement Twitch sur le circuit Bugatti, au Mans. Aujourd’hui c’est au tour de Manon Lanza, créatrice de la chaîne « Allonsrider » sur Youtube. Elle y partage ses expériences de sports extrêmes, puisqu’elle pratique du surf, du skateboard, du snowboard… À la compétition de Squeezie, elle veut voir une femme sur le podium.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Manon Lanza et je viens de Biarritz. Je suis passionnée de sports extrêmes, ça fait maintenant six ans que j’en ai fait mon métier à plein temps. Avec une envie de mettre en avant les femmes dans ces sports, de montrer qu’elles ne sont pas juste des objets pour le marketing.
Vous faites du surf, du skateboard, du snowboard… D’où vous vient cette passion des sports extrêmes ?
Ça vient de mon papa, qui m’a inscrit en motocross quand j’avais 6 ans. Quand on pratique un sport comme ça, aussi jeune, après on a envie de tester plein d’autres choses. Je n’ai pas eu ce stéréotype de me dire : « Je suis une nana, il faut que je joue à la poupée et fasse du poney. » J’ai tout de suite été dans la boue, avec des petits mecs. J’avais le champ libre et mille perspectives de sport. Le sport de glisse, ça m’a tout de suite plu, mais je pense que j’étais un peu conditionnée avec le premier sport.
« On sort de notre zone de confort »
Comment s’est déroulée votre préparation ?
Hyper bien, on était très encadrés. On n’a pas roulé tant que ça, donc ça va être une course impressionnante, car on nous met dans la peau de pilotes professionnels. Il faut penser à un tas de choses auxquelles on ne pense pas d’habitude : les trajectoires, les vitesses… On sort vraiment de notre zone de confort.
Vous vous êtes préparée physiquement ?
J’ai toujours fait beaucoup de sport, donc je n’ai pas changé mes habitudes. Je travaille un peu plus sur les jambes quand je vais à la salle, mais je n’ai pas fait d’exercice sur le cou ou la force du cou par exemple.
Malheureusement, vous vous êtes blessés quelques jours avant le GP…
Oui, mais ça ne remet pas ma participation en cause. Je me suis fait une déchirure à l’épaule, en faisant du motocross d’ailleurs. Je prendrai un doliprane avant la course et ça ira. Mais du coup je ne peux plus faire grand-chose, à part du vélo à la salle pour bouger un peu… Au moins, si je fais un mauvais résultat, j’ai une excuse (rires) !
Quel est le domaine où vous avez le plus progressé et celui où vous avez encore beaucoup à faire ?
Pour les deux : freiner tardivement. C’est dans ce domaine où j’ai le plus progressé, mais où je peux encore travailler pour gagner quelques secondes pour les qualifications.
À 180 km/h vers le mur
Pendant la préparation, vous avez eu une belle frayeur, en fonçant vers le mur à 180 km/h…
J’ai tapé trop tard et pas assez fort dans le frein. Je réfléchissais avec quel pied freiner, je me suis emmêlé et la voiture n’a pas tourné. J’ai mis deux secondes à me dire que j’étais dans le bac à graviers, mais j’en suis sorti et reparti directement. Ça ne m’a pas traumatisé, au contraire je trouve ça cool d’avoir eu cette expérience pour savoir ce que ça fait, de finir dans le bac !
Quelles sont vos ambitions sur ce GP ?
J’adorerai voir une femme sur le podium, histoire de représenter la gent féminine. Après, même si je suis compétitive, j’essaye de ne pas être trop focus sur le résultat. On est des pilotes amateurs et il peut se passer tellement de choses sur une course. On peut être très bons en qualifications et finalement se faire rentrer dedans ensuite.
Quelle est votre relation avec Djilsi, votre coéquipier ?
Je ne le connaissais pas avant le GP, mais on s’entend et on se marre bien. Je suis contente de l’avoir avec moi. On propose des contenus différents, moi je suis dans l’information, lui le divertissement, donc on se complète. Sur la piste on se suit sur les chronos, je pense qu’on peut rivaliser facilement avec d’autres écuries.
Vous appréhendez la pluie le jour de la course ?
Non, au contraire, je pense que ça fait peur à certains et ils iront dans le décor plus facilement, donc tant mieux pour moi (rires).
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Après tout cela, vous vous accordez un peu de repos ?
Le mot repos n’existe pas dans mon vocabulaire. Après le GP, je vais dans le désert du Maroc pour soutenir des femmes qui font un rallye pour la recherche contre cancer du sein. Ça s’appelle le rallye des gazelles et j’enchaîne là -dessus. J’espère que le sport automobile va rester dans ma vie, car je me suis découvert une autre passion. J’en avais déjà plein, ça en fait une de plus !