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ENTRETIEN. GP Explorer : Depielo, considéré comme un favori : « C’est une pression supplémentaire »... |
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Depielo est un des favoris pour remporter le Grand Prix Explorer organisé par Squeezie. © Photo : Nicolas Jacquemin
Pierre-Olivier Valette, plus connu sous le nom de Depielo sur Youtube et Twitch, participe au Grand Prix Explorer le 8 octobre, organisé par Squeezie. Vulgarisateur de Formule 1 dans ses vidéos, sa grande connaissance de la théorie le place en favori pour la victoire…
Jusqu’au Grand Prix Explorer, le 8 octobre 2022, Ouest-France passe en revue les 22 participants de l’évènement Twitch sur le circuit Bugatti, au Mans. Aujourd’hui c’est au tour de Depielo, Pierre-Olivier Valette (30 ans) de son vrai nom. Vulgarisateur de Formule 1, favori qui n’aime pas son statut… Entretien avec celui qui pourrait signer la meilleure performance du tournoi organisé par Squeezie.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Pierre-Olivier Valette, mais je suis plus connu sous le nom de Depielo sur Youtube. Je fais des vidéos depuis 2015, à temps plein depuis 2017, pour vulgariser la Formule 1 et partager ma passion du sport automobile.
« J’avais peur de ne plus rentrer dans la combinaison »
Comment s’est passée votre préparation pour ce Grand Prix Explorer ?
Plutôt bien. La préparation elle compte énormément, puisqu’on se rend compte que ce n’est pas juste s’asseoir, tourner un volant et appuyer sur les pédales. Il faut que ça devienne une habitude, qu’on n’ait plus cette peur de monter dans une voiture de course. Personnellement, puisque je connais la théorie, je comprends vite le retour des ingénieurs et des mécaniciens et c’est ce qui me permet d’avoir un peu d’avance.
Il y a aussi la préparation physique et mentale, qui est le plus gros challenge pour ma part. Il faut aller trois fois par semaine à la salle de sport, manger équilibré… J’avais peur de ne plus rentrer dans la combinaison (rires). J’espère garder ces habitudes après l’événement.
Comment on travaille la préparation « mentale » ?
Comme c’est un grand événement, il y a forcément de l’excitation. Aussi de l’appréhension, on fait une course automobile et ce n’est pas sans risque. Il y a un mélange d’émotions différentes qu’il faut apprendre à gérer. On a des cours de préparation mentale, avec Marc Berteaux, qui s’occupe des jeunes en karting à la FFSA.

Depielo au volant d’une F4 lors de la préparation sur le circuit Bugatti. ACO
Qu’est-ce qui vous a surpris au volant d’une Formule 4 ?
Le son du turbo. On a l’impression qu’il est greffé dans l’oreille. La direction aussi, très précise et nette, comme du karting. C’est compliqué de se rendre compte qu’on roule sur des voitures de course dernière génération et sur un vrai circuit. Une fois l’événement passé, je vais réaliser et prendre deux ou trois cheveux blancs (rires) !
Quelles sont vos sensations sur le mythique circuit Bugatti ?
Sur la ligne de départ/arrivée, on se prend à regarder à droite et à gauche. Je pense qu’on réalisera encore plus quand les tribunes seront remplies… On se dit quand même qu’il s’est passé des dingueries sur ce circuit.
« Mon respect envers les pilotes a été multiplié par 10 »
Conduire une monoplace change votre regard sur la Formule 1 ?
Oui, ça m’a permis de comprendre certains détails. Comme le fait que dans les rétroviseurs d’une monoplace, on ne voit absolument rien, car ça vibre et c’est tout petit. Les rétros sont grossissants aussi, donc les angles morts sont énormes. Quand on s’apprête à dépasser quelqu’un et qu’on arrive à deux de fronts à 200 km/h, on comprend vraiment le danger. Mon respect envers les pilotes automobiles a été multiplié par dix !
Vous avez fait très peu d’erreurs… Un pilote professionnel (Romain Monti) vous place comme un favori, mais quel est votre objectif ?
L’ambition principale est de monter dans la voiture et de se faire plaisir. Le deuxième objectif, c’est de finir la course. Pour tout le monde voir le drapeau à damiers, c’est une consécration. On me place en tant que favori depuis le début de l’aventure, c’est une pression supplémentaire. J’aime rappeler que je reste, même si je parle beaucoup de F1, quelqu’un qui regarde les Grands Prix depuis un canapé (sourire).
En termes de résultat, il peut tout se passer. En qualifications on peut se retrouver dernier sur la grille pour différentes raisons, en course on peut s’accrocher, partir en tête-à -queue…
Vous vous êtes d’ailleurs fait une seule frayeur, sous la pluie… Vous la craignez le jour J ?
Ça fait au moins trois mois qu’on essaye de regarder la météo (rires) ! Sur la pluie, c’est un peu la merde… On se sent comme un Parisien qui se retrouve l’hiver, dans les Alpes, sans pneus hiver. C’est ce moment de solitude où la voiture nous échappe, sans qu’on sache pourquoi. Après la terre ne va pas s’arrêter de tourner, s’il y a de la pluie il faudra faire avec. Ça peut même être fun.
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Quelle est votre relation avec votre coéquipier, Valouzz ?
Dès que nos regards se croisent, on rigole. Ce n’est pas simple pour les shootings et les interviews. C’est un bon vivant, adorable, mais il faut lui mettre la pression, car on aimerait ramener le « titre constructeur » du Grand Prix.