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24 Heures du Mans. Avec Glickenhaus : « On pousse la folie un peu plus loin »... |
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Glickenhaus participe pour la première fois au Mans, en Hypercar. Romain Dumas est l’un des fers de lance de l’écurie. © Daniel Fouray / Ouest-France
Pilote expérimenté aux 24 Heures du Mans, Romain Dumas retrouve cette année, un volant en Hypercar. Au volant de la Glickenhaus, il y aura du travail à faire, d’ici le départ.
Romain Dumas, double vainqueur des 24 Heures du Mans, revient sur son arrivée chez Glickenhaus. Dans un projet relativement nouveau, plus familial que ses programmes chez Porsche, il trouve ses marques.
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C’est un projet assez singulier dans votre carrière ?
C’est un projet très différent que j’ai connu. Déjà , les gars qui achètent une voiture, et la font courir, c’est fort. Mais trouver un mec aux États-Unis qui se dit « je vais faire ma bagnole pour faire Le Mans », un peu à l’image de Rebellion, c’est un autre niveau de folie. J’ai beaucoup de respect pour Jim Glickenhaus, pour ça. Le gars veut bien faire les choses. Je pense que c’est surtout basé sur ses fonds propres. Il aime la course, il veut bien faire.

Glickenhaus participe pour la première fois au Mans, en Hypercar. Daniel Fouray / Ouest-France
Comment cela s’est fait avec Glickenhaus ?
Très tôt ils avaient pris contact avec moi pour participer au projet. Dans une carrière, un truc comme ça, tu ne te lances pas dedans quand tu n’as que deux années au Mans derrière toi. Moi, je peux me permettre de le faire. J’aime bien ça ! Rapidement je me suis engagé là -dedans car ça m’a plu. Pour faire Le Mans, j’ai trouvé que le projet était sympa. Quand tu vois les pilotes engagés dedans, tu as cette idée de bien faire les choses.
On sent effectivement une approche sérieuse…
J’ai beaucoup aimé leur approche, leur façon de faire. Très tôt, je suis allé voir le montage de la voiture. Cela m’a fait penser, avec plus de moyens, à ce qu’on essaye de faire avec mon équipe. C’est super structuré, les gars sont peut-être un poil trop « ingénieurs ». Pour la plupart, ils font Le Mans pour la première fois, donc c’est assez surprenant comme ambiance. Pour le moment, on est tous relax. L’équipe est vraiment sympa, avec des gens tops, passionnés.
Côté performance, vous vous situez où ?
Quand on regarde notre dernière course, à Monza, tout le monde a été surpris de notre niveau de performance. Niveau performance, c’est bien. Maintenant, Monza, c’était un circuit qui nous convenait très bien. Déjà , si on se place devant les LMP2 et pas très loin des Toyota, ce sera une jolie performance. Ensuite, on verra. Si on peut animer, rester au contact, ce sera déjà bien.

Glickenhaus participe pour la première fois au Mans, en Hypercar. Daniel Fouray / Ouest-France
Et la fiabilité ?
À la régulière, ce sera tout de même différent. Niveau fiabilité, quand tu arrives avec une nouvelle voiture au Mans, tu ne peux pas imaginer arriver au Mans sans rencontrer aucun problème. On m’a pas mal demandé mon avis, ce à quoi je réponds : « Donnez-moi un constructeur qui n’a jamais eu de problèmes lors de sa première participation. Je pense à Peugeot, qui avec la 908 HDI, ont terminé sur la ligne sans moteur. » Il n’y aura pas de honte à avoir des problèmes.
Quel va être le programme pour la Journée Test ?
On va essayer de voir si tout ce qu’il se passe autour de la voiture fonctionne bien. Un petit exemple, la température dans l’habitacle : on sait qu’il va faire chaud, et on doit progresser sur ce point. Ensuite, c’est le travail sur le châssis. Et puis s’habituer aux autos, qui sont très différentes de celles que j’ai pu piloter ces dernières années en catégorie reine.
Les Hypercars sont très différentes des LMP1 précédentes ?
Ha oui ! Il y a des virages, qui, ces dernières années, n’en étaient plus, qui vont le redevenir. Je pense à l’entrée des virages Porsche, le double gauche qui suivait, qui par exemple passaient à fond ! Là , on revient dix ans en arrière, où l’on freinait vraiment pour passer. Il va falloir s’habituer à cela.