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Villaines-sous-Malicorne. Le chêne rouvre, arbre de justice à l’allure majestueuse... |
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Le tronc du majestueux chêne du diable à Villaines fait 6,5 m de circonférence. © Le Maine Libre
Dans un parc public, un jardin privé, sur le bord de la route ou au beau milieu d’un champ, ces arbres sont remarquables. « Le Maine Libre » leur consacre une série d’articles en cet été 2021. Aujourd’hui, dernier volet : le chêne.
Le chêne du diable ou chêne aux pendus est un chêne rouvre de plus de cinq siècles, près de Villaines-sous-Malicorne. Pour le découvrir, il faut d’abord emprunter la route partant vers La Flèche, prendre ensuite un chemin sur la droite et suivre les panneaux indicateurs. Xavier Gachet, animateur à la RSSV (Retraite Sportive Sarthe et Vègre) en a fait la présentation à un groupe de randonneurs : On y accède par un chemin creux long de 150 mètres, on tombe nez à nez avec cet arbre qui fait 6,5 m de circonférence et à qui on prête bon nombre de légendes
explique le Juignéen, amoureux de la nature.
Chêne des pendus ou chêne des justices
Pas mal de condamnés à mort y furent probablement pendus haut et court à l’issue de procès. Il faut préciser que les seigneurs de Bellefontaine, en tant que chefs de la garde seigneuriale de La Flèche, possédaient droit de justice dans la ville et la région.
Un passé lugubre pour ce chêne qui donne quelques frissons… De ces funestes années, ce chêne a gardé une devise : Les jours de grand vent, promeneur passe au large si tu ne veux pas entendre les pendus claquer des dents
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Plus de 300 ans selon les spécialistes
Même s’il n’est pas le plus gros sujet dans le département, ce vénérable chêne mérite le détour : son allure est majestueuse, ses branches tordues collent parfaitement à l’imagerie populaire des arbres sacrés, des arbres de justice tels qu’on les représentait il y a un siècle ou deux.
Si la tradition prête une étonnante longévité à ce chêne (certaines légendes lui donnent 400 ans), les spécialistes estiment qu’il aurait entre 300 et 350 ans (source : Sarthe Découverte).
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Plus qu’un tronc à Parcé-sur-Sarthe
Non loin de Villaines-sous-Malicorne, Parcé-sur-Sarthe détient aussi sa Croix de Potence, tout près d’un vieux tronc de chêne. C’est à cet endroit que le seigneur de Parcé rendait justice. Mais de ce chêne, il ne reste qu’un vieux tronc
explique Rose Mary Speirs, qui entretient toujours les lieux.

Du chêne près de la Croix de Potence, dans le bois de Lhommeau, à Parcé-sur-Sarthe, il ne reste plus qu’un énorme tronc. Le Maine Libre
Dans les récits historiques sur Parcé, on retrouve un autre fait qui se serait déroulé en ce lieu, en 1793 : Après la bataille du Mans qui a vu la défaite des Chouans, des soldats vendéens en déroute furent capturés dans le bois de Lhommeau et fusillés puis enterrés près de ce chêne et de cette croix.
Pourquoi un arbre pour rendre la justice ? Au Moyen-Âge, l’arbre représentait la justice sociale, Saint-Louis rendant la justice sous un chêne à Vincennes n’est pas un cas isolé.