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VIDÉO. Huit chênes sarthois « exceptionnels » pour redonner vie à la flèche de Notre-Dame de Paris1 |
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Un agent de l’office national des forêts, dans la forêt de Bercé en Sarthe, ancienne forêt royale. Le type de gestion pratiqué durant des siècles aboutit à obtenir une « futaie cathédrale ». © Ouest-France
Ces arbres aux qualités remarquables ont été sélectionnés en forêt de Bercé, au sud du Mans (Sarthe). Ils seront abattus dans quelques jours. L’annonce vient d’être faite ce vendredi 5 mars par l’Établissement public chargé de restauration du joyau gothique.
La phase de reconstruction de Notre-Dame n’est pas encore lancée. Mais la recherche des bons matériaux qui serviront à sa restauration à l’identique a débuté. Pour les pierres, comme pour le bois. Des experts forestiers travaillent déjà depuis janvier à la sélection d’arbres nécessaires à la reconstruction de la flèche, des charpentes du transept et de ses travées adjacentes, disparues dans l’incendie du 15 avril 2019.
Ils ont trouvé dans la forêt domaniale de Bercé (Sarthe) huit chênes, âgés d’environ 230 ans, qui serviront pour le « tabouret » de la flèche, autrement dit sa base reposant sur le socle de maçonnerie. Chacun de ces arbres fait plus d’un mètre de diamètre et offre « plus de vingt mètres de grume utile d’une courbure spécifique, nécessaire à la réalisation de pièces exceptionnelles ».
Fournis gracieusement par la filière bois
Ces huit chênes seront coupés la semaine prochaine, a annoncé ce vendredi 5 mars l’Établissement public en charge de la restauration de Notre-Dame, qui a fait le déplacement sur place avec les ministres de la Culture, Roselyne Bachelot, et de l’Agriculture, Julien Denormandie.

La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, et le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, dans la forêt de Bercé en Sarthe, vendredi 5 mars. Ouest-France
Pour la reconstruction de la flèche imaginée par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc au milieu du XIXe siècle, ainsi que celle de la charpente du transept et de ses travées adjacentes de l’édifice, la filière bois est prête à fournir gracieusement un millier de chênes, dont la récolte était programmée en 2021. Ils seront prélevés dans toutes les régions de France.
« Tous seront abattus d’ici à la fin mars, avant leur montée en sève, puis débardés et sciés, avant d’être entreposés entre douze et dix-huit mois pour atteindre un taux d’humidité de moins de 30 %. Ils seront ensuite mis à disposition des charpentiers », précise l’Établissement public.
Issus de forêts publiques et privées
Les chênes seront issus pour 50 % dans des forêts publiques (32 forêts domaniales et 70 communales) et l’autre moitié proviendra de près de 150 forêts privées. De nombreuses collectivités et propriétaires privés ont déjà annoncé leur volonté d’y participer. « Des chênes seront aussi proposés par des donateurs étrangers ; ils contribueront ultérieurement, compte tenu des contraintes calendaires et dans la mesure des possibilités techniques et logistiques, à la restauration des charpentes du grand comble (nef et chœur) aux côtés de chênes français ».

Un chêne de la forêt de Bercé sélectionné pour la reconstruction de la flèche Ouest-France
La sélection « de ces premiers chênes est une étape importante sur le chemin de la renaissance de la cathédrale. Je remercie très chaleureusement l’ensemble des acteurs de la filière forêt-bois de leur soutien déterminant », a souligné le général Jean-Louis Georgelin, président de l’établissement public en charge de la restauration.
« Restituer la flèche et la charpente dans le respect des matériaux d’origine »
Le projet de reconstruction prévoit de restituer la flèche dessinée par Viollet-le-Duc et la charpente dans le respect des matériaux d’origine, le bois de chêne massif pour la charpente et le plomb pour la couverture.

Le général Jean-Louis Georgelin (a gauche), président de l’établissement public chargé de la restauration de Notre-Dame et derrière lui Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques. Ouest-France
« Nous avons préconisé cela notamment en raison du caractère authentique et durable du chêne, qui dispose également de la plasticité nécessaire pour supporter les contraintes de l’édifice, souligne Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques. La flèche était un ouvrage de charpente complexe, constituée de bois de taille exceptionnelle, que nous devons retrouver aujourd’hui pour assurer sa stabilité ».
The Ancient Oaks are on Death Row. They need a stay of execution NOW. I am supportive of the Cathedral being restored, just not THIS WAY. We know better now than when it was first built.