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Ubisoft : une grève de trois jours s’ouvre ce mardi chez le géant français des jeux vidéo... |
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Le logo d’Ubisoft, alors qu’un mouvement de grève s’annonce. © Riccardo Milani / Hans Lucas via AFP
Une grève de trois jours s’ouvre ce mardi 10 février 2026 chez le géant français des jeux vidéo Ubisoft. Les grévistes déplorent la quasi-disparition du télétravail et un nouveau plan d’économies.
Nouvelle semaine mouvementée chez le géant français des jeux vidéo Ubisoft : une grève de trois jours s’ouvre ce mardi 10 février 2026 pour protester contre la quasi-disparition du télétravail et un nouveau plan d’économies, à deux jours de la publication de ses résultats trimestriels.
Empêtrée dans des difficultés financières et plombé par plusieurs lancements de jeux en demi-teinte ces dernières années, l’action du groupe s’est effondrée de près de 95 % en cinq ans sur les marchés.
Soumis à plusieurs plans d’économie, Ubisoft a fermé plusieurs de ses studios à l’étranger, notamment à San Francisco (États-Unis), Osaka (Japon), Leamington (Royaume-Uni), Stockholm (Suède) et Halifax.
Il a également mené des restructurations au sein de studios à Abu Dhabi, en Finlande ou encore en Suède.
Le numéro 1 français, qui compte environ 17 000 salariés dans le monde, s’est séparé de plus de 3 000 employés ces dernières années.
Les développements de plusieurs jeux repoussés
Pour se relancer, Ubisoft a dû faire une croix sur le développement de six jeux, dont le très attendu remake de « Prince of Persia : Les sables du temps », et repoussé la sortie de sept autres.
Lire aussi : Ubisoft annonce annuler le développement de six jeux vidéo, la sortie de sept autres jeux reportée
S’il s’attend à un troisième trimestre légèrement meilleur que prévu, l’éditeur prévoit néanmoins une perte opérationnelle d’un milliard d’euros sur son exercice annuel, qui se clôt fin mars.
L’annonce le 21 janvier d’une nouvelle organisation interne et d’une cure d’austérité de 200 millions d’euros sur deux ans a soufflé sur les braises de la contestation sociale qui avait déjà agité le groupe en 2024 autour d’une réduction du télétravail et des conditions salariales.
Désormais, Ubisoft souhaite revenir à cinq jours de travail en présentiel par semaine, assortis d’un quota annuel de télétravail.
« Il y a de la colère » parmi les quelque 3 800 salariés du groupe en France, assure à l’Agence France-Presse Pierre-Etienne Marx, membre du Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV). « Les gens à la tête de l’entreprise ont fait des choix industriels désastreux », et « on n’a plus confiance en eux », déplore Pierre-Etienne Marx.
À partir de mardi, des piquets de grève seront organisés dans la matinée devant les studios de l’éditeur à Paris ainsi qu’ailleurs en France. Les syndicats appellent à un rassemblement devant le siège du groupe dans l’après-midi à Saint-Mandé en banlieue parisienne.
D’autres studios d’Ubisoft dans le monde pourraient se joindre au mouvement, selon les syndicats, et un rassemblement est également prévu devant celui de Milan (Italie).
L’inquiétude est d’autant plus grande que le groupe a annoncé fin janvier un projet de plan de départs volontaires de 200 personnes au siège d’Ubisoft, qui compte 1 100 salariés.