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TÉMOIGNAGE. « Nous avons déplacé 130 vaches » : avec sa ferme inondée, Maxime a vécu dans l’angoisse... |
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La ferme de Maxime a été complètement cernée par la montée de l’eau. © Maxime Crasnier
Dans le nord de Maine-et-Loire, Maxime Crasnier élève des bovins depuis plusieurs années. En raison des crues de la Sarthe, son exploitation a été cernée par les eaux. Il raconte comment il est parvenu à mettre son troupeau à l’abri, et sa peur de voir l’eau envahir les bâtiments.
Un soulagement
. C’est le sentiment qui prédomine chez Maxime Crasnier, vendredi 27 février 2026, en retrouvant sa ferme. À 27 ans, il est éleveur bovin à Brissarthe, commune déléguée des Hauts-d’Anjou (Maine-et-Loire), et a dû évacuer le jeudi 19 février en raison de la crue de la Sarthe. Nous suivions la montée de la rivière sur le site Vigicrues depuis plusieurs jours, raconte Maxime. C’était vraiment stressant.
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Les chemins qui mènent à la ferme sont situés en contrebas, explique l’éleveur. Nous avons déplacé les 130 vaches, veaux et bœufs avant d’être complètement cernés par les eaux.
Celui qui habite également sur l’exploitation a transporté son troupeau chez son père, Jean-Louis, également agriculteur à environ 2 kilomètres de chez lui. Les animaux étaient en sécurité là-bas, mais il n’y avait pas de bâtiment pour tous les accueillir. Nous avons dû les laisser dans les champs presque une semaine.
« Une formidable solidarité »
Des collègues et des voisins sont venus pour aider à déplacer le bétail, il y avait cinq bétaillères. Grâce à eux, toutes les bêtes étaient évacuées vers 15 h le jeudi.
Il ne restait plus qu’à espérer que l’eau n’envahisse pas l’habitation, comme ça avait été le cas en 1995. Le samedi, j’ai pu me rendre à la ferme en bateau avec un voisin pompier. L’eau s’est arrêtée avant la maison, et n’est entrée que dans les bâtiments techniques. Ça a été un soulagement, confie Maxime. Sans toute cette aide, cette formidable solidarité, on n’aurait pas pu agir aussi vite.

Les vaches de Maxime ont pu être évacuées à temps. Maxime Crasnier
Plusieurs jours sans électricité
Finalement, l’éleveur a perdu une trentaine de bottes de foin, un moindre mal
. Mais sans électricité, pas question de ramener le bétail. Le transformateur Enedis qui alimente le chemin n’a pas été construit assez haut, déplore Maxime. Résultat, il est encore les pieds dans l’eau.
Après plusieurs jours de discussions avec l’opérateur, un générateur lui a été installé vendredi matin. Toutes les vaches ont retrouvé leur lit, c’est le principal »,
résume le jeune éleveur.