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Solaire, voiture électrique… Le conflit au Moyen-Orient peut-il créer un sursaut en faveur des énergies renouvelables ?... |
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Les fournisseurs de panneaux solaires, pompes à chaleur et autres technologies vertes constatent ces derniers temps une hausse des contacts et demandes de devis des particuliers. © Thierry Creux / Ouest-France
Face aux menaces sur les infrastructures énergétiques du Golfe et à la flambée à travers le monde des prix des hydrocarbures, ceux qui ont opté pour les énergies renouvelables et l’électrification des usages en tirent indéniablement un avantage.
La tension n’en finit plus de monter entre l’Iran et les États-Unis, à coup notamment de frappes et menaces sur les infrastructures énergétiques du Moyen-Orient. Des infrastructures si stratégiques pour l’approvisionnement mondial que la Commission européenne a appelé, dans un courrier consulté samedi 21 mars par l’AFP, les États européens à réduire leur objectif de remplissage de gaz pour l’hiver prochain.
Au lieu des 90 % requis habituellement, l’UE invite désormais à viser les 80 %. Dans l’espoir de « rassurer les acteurs du marché » et d’atténuer la pression sur les prix, qui s’envolent depuis le début de ce conflit. La sécurité d’approvisionnement de l’UE « reste relativement protégée à ce stade, en raison de sa dépendance limitée aux importations en provenance de cette région et des cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) ayant traversé le détroit d’Ormuz avant le conflit », veut rassurer le commissaire européen chargé de l’énergie, Dan Jorgensen.
Les énergies renouvelables atténuent le choc
« Le vent et le soleil, eux, n’ont pas besoin de transiter par le détroit d’Ormuz », raille le Prix Nobel d’économie Paul Krugman dans une note de blog. Ainsi, ceux qui ont opté pour de l’énergie propre produite localement tirent indéniablement leur épingle du jeu de cette crise.
Alors que l’Asie est frappée par des pénuries de pétrole et de gaz, le Pakistan n’est plus confronté aux coupures de courant qui avaient été légion lors de la crise énergétique de 2022. Il a misé sur le solaire, passé de 2 % de son mix en 2020 à 10,3 % en 2024. Dans ce pays qui bénéficie de conditions d’ensoleillement exceptionnelles, beaucoup d’habitants ont équipé leurs toits de panneaux chinois.
En Europe et aux États-Unis, les fournisseurs de panneaux solaires, pompes à chaleur et autres technologies vertes constatent ces derniers temps une hausse des contacts et demandes de devis des particuliers.
En Espagne, le Premier ministre Pedro Sánchez s’est félicité jeudi, lors du sommet du Conseil européen, que les énergies renouvelables produisent désormais près de 60 % de son électricité. Permettant à sa population et son industrie « d’être moins touchés » ses voisins européens, estime-t-il. Cela ne l’a néanmoins pas empêché d’annoncer vendredi « une réduction drastique » de la fiscalité sur l’énergie en Espagne au sein d’un gigantesque « bouclier social et économique » de 5 milliards d’euros, destiné à lutter contre les effets de la guerre au Moyen-Orient. Le même jour, un rapport européen a d’ailleurs indiqué que la panne d’électricité historique qui avait frappé la péninsule ibérique l’an dernier était due à un ensemble de facteurs, et non à la dépendance de l’Espagne vis-à-vis des énergies renouvelables.
Une opportunité pour les véhicules électriques
Devant la flambée des prix du carburant ces dernières semaines, les utilisateurs de voitures électriques se frottent les mains. Les concessionnaires automobiles ont aussi constaté, en France, un sursaut de commandes lors des récentes « journées portes ouvertes » consacrées à ces modèles. Pour les rendre moins onéreux, une coalition de sept think tanks appelle à relancer le leasing social pour les véhicules électriques en France et à subventionner aussi les modèles d’occasion.