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Sarthe. Trans, gays, lesbiennes : « Ne pas agir, c’est laisser faire les agresseurs »... |
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Elisabeth MORENO, ministre de la Diversité et de l’Égalité des chances a rencontré plusieurs collectifs luttant contre les discriminations aux LGBTI +. Ici entouré de Yann Massart, responsable de Dites je suis là (en second plan), et de Florian Poupon, président de l’association Homogène (à droite). © Le Maine Libre – Denis LAMBERT
Mardi 30 novembre 2021, trois structures d’aides ont présenté, à Elisabeth Moreno, leur plan d’action contre les discriminations aux personnes LGBTI + (lesbienne, gay, bi, transgenre, intersexe). Au Mans, la ministre de la Diversité et de l’Égalité des chances a constaté les liens et projets qui unissent les différentes associations.
Après les accidents de la route, le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15 à 24 ans. Une statistique qui serait trois fois plus élevée dans la population LGBTI + (lesbienne, gay, bi, transgenre, intersexe).
Prévenir le suicide auprès des concernés et de leurs proches, sensibiliser à la santé sexuelle et accueillir les personnes dans le besoin.
Autant de missions que se répartissent les structures d’aides sarthoises. À l’occasion de la venue d’Elisabeth Moreno, la ministre de la Diversité et de l’Égalité des chances, trois d’entre elles ont exposé leurs plans de soutien aux personnes discriminées en raison de leur orientation sexuelle.
Des actions collectives et locales
Laisser dire les discriminations et ne pas agir, c’est laisser faire les agresseurs
, résume Sébastien Vallée, directeur de projets au Planning familial Sarthe-Mayenne. Au centre LGBTI +, le coordinateur du collectif ToutSEXplique72 a fait voir à la ministre les engagements de son groupe d’associations. Des actions, collectives et à l’échelle locale autour de l’éducation sexuelle et de l’identité. Le milieu associatif est souvent appelé en urgence par les établissements scolaires. Nous souhaitons anticiper en formant gratuitement les professionnels proches des jeunes
indique le responsable.
Le projet « Home au Mans » est un des exemples récents de la cohésion associative sarthoise. Accueillir, mettre à l’abri et accompagner les personnes rejetées du fait de leur orientation sexuelle. Les associations « Homogène » et « Nelson Mandela » y travaillent avec Le Mans Métropole Habitat, repreneur du foyer arc-en-ciel. Depuis juin 2020, une dizaine de jeunes ont ainsi été pris en charge.

La matinée sarthoise de la ministre à été l’occasion d’effectuer un état des lieux de la lutte contre les discriminations aux LGBTI +. Le Maine Libre – Denis LAMBERT
« Vous leur faites du bien »
À « Homogène », l’association Culture et droits des personnes LGBTI +, on accueille, deux fois par semaine, les personnes en recherche d’écoute attentive. Vous leur faites du bien, vous devriez être remboursé par la sécurité sociale
lance Elisabeth Moreno à Françoise, l’une des bénévoles du centre.
De l’autre côté de la place des Comtes du Maine, Yann Massart, a présenté « Dites je suis là », une plateforme de prévention au suicide. L’infirmier de formation a ciblé comme objectif de lever les tabous
autour du mal-être psychologique. Avec son équipe, il intervient auprès des proches de personnes en phase suicidaire. La plateforme a récemment lancé « Restons en contact ». Une carte interactive à travers laquelle chacun peut réaliser une vidéo à un proche en souffrance. Un message de soutien, accompagné de ressources, qui ne se perdra dans un fil de messagerie classique
détaille le responsable. La ministre a reconnu l’utilité de ces cartes d’amour
, avant d’ajouter qu’il n’y avait pas besoin d’attendre que quelqu’un aille mal pour lui parler ».

Yann Massart, responsable de « Dites je suis là  » a exposé les projets de sa plateforme, ouverte en en septembre 2020. Le Maine Libre – Denis LAMBERT

La plateforme de prévention au suicide a récemment lancé le projet « Restons en contact ». Un message de soutien, accompagné de ressources, destiné à un proche en souffrance. Le Maine Libre – Denis LAMBERT
Engager aussi les entreprises
La ministre a conclu sa visite mancelle au planning familial 72. Sur place, elle a pu prendre connaissance d’un futur dispositif lancé en mars prochain : la charte de l’alliance pour l’égalité (CAPE), le nouveau projet de Toutsexplique72, à l’initiative de David Malgrain, président du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles 72 (CIDFF). Qu’ils soient restaurants, bars ou autres espaces publics, les signataires s’engagent à être des lieux alliés
avec les victimes d’agressions sexuelles ou de discriminations. Pour se faire, ils pourront former leur personnel à ce sujet.