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Sarthe. Tests Covid : « Tous nos collaborateurs sont mobilisés »... |
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Sophie Chalmin, en 2017, dans les locaux du laboratoire d’analyses médicales de la clinique du pré. © Archive Le Maine Libre – Yvon Loué
Laborizon Maine Anjou gère la campagne de dépistage du Covid-19 dans plusieurs centres du département. La demande est particulièrement forte dans cette semaine entre Noël et le Nouvel an. Point d’étape avec Sophie Chalmin, directrice générale du laboratoire.
Le Maine Libre : L’épidémie progresse dans le département et nombreux sont ceux qui veulent se rassurer. Quelle est la situation aujourd’hui dans les centres de tests sarthois ? Êtes-vous débordés ?
Sophie Chalmin, directrice générale de Laborizon Maine Anjou : « Laborizon a effectué 15 000 tests PCR, la semaine dernière, dans le département. Des pics similaires ont déjà été atteints mais l’activité reste beaucoup plus forte que début décembre. Tous nos collaborateurs sont mobilisés et les étudiants en santé ont été appelés. Nous recherchons toujours des préleveurs et de secrétaires. Vous voyez, dans la matinée j’ai envoyé un nouvel appel à candidatures. C’est compliqué à gérer car notre activité est multipliée par dix. »
Envisagez-vous l’ouverture d’un nouveau centre ?
« Le facteur limitant reste la ressource humaine : multiplier les centres signifierait de multiplier les effectifs. »
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Comment gérez-vous cette période entre Noël et le Nouvel an ?
« Le taux de positivité a très fortement progressé. La semaine dernière il se situait autour de 15 %. Beaucoup de cas contacts viennent nous voir et c’est lié à plusieurs facteurs : les rassemblements pendant les fêtes et les souches plus contaminantes comme Omicron. Et comme dans toute entreprise, certains de nos salariés deviennent eux aussi cas contacts ou malades. Attention à ne pas faire d’amalgame : la contamination survient en milieu personnel, pas sur le lieu de travail où les équipes sont bien protégées. »
La nouvelle vient de tomber : les autotests seront disponibles dans les grandes surfaces jusqu’au 31 janvier. Comment accueillez-vous la mesure ?
« Il faut faire attention. L’autotest reste de moins bonne qualité et on est susceptible d’effectuer un prélèvement pas très profond. Nous avons la même difficulté avec les tests antigéniques. Il y a plusieurs facteurs qui font que l’on va trouver ou non le virus. Le premier, c’est le type de test. Le PCR va amplifier le virus et aller chercher directement le gène. Tandis que le test antigénique ne va pas l’amplifier et aller chercher un antigène (une protéine). Ce qui conduit le PCR a avoir une sensibilité de 100 % contre 60 % pour un antigénique. Le prélèvement s’additionne comme second facteur. Nous avons un portage du virus « transitoire » qui peut être dans le nez, dans la gorge. Et même si on fait un très bon prélèvement nasopharyngé, il reste 10 % de risques de ne pas le trouver. »
Connaissez-vous la proportion de Delta et d’Omicron dans vos tests réalisés en Sarthe ?
« Nous, on ne séquence pas les tests positifs. Des laboratoires, autorisés par l’État, sont spécialisés dans le domaine. Notre plateforme régionale de séquençage se trouve à Tours. Aujourd’hui, les suspicions d’Omicron représentent plus de 50 % des prélèvements. Il y a un mois nous devions séquencer tous ces criblages-là , aujourd’hui c’est impossible à tenir (N.D.L.R. : avec l’augmentation des cas positifs). Probablement qu’on va changer de kit de détection et que bientôt on détectera directement la mutation. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il est important de faire un test PCR car on cherche des gènes spécifiques au virus Covid. L’antigénique lui est très bien pour détecter quelqu’un qui a déjà des symptômes. »
Le Nouvel an approche et avec lui le risque de nouvelles contaminations…
« Le 31 décembre, le risque est de ne prendre aucune mesure barrière après un autotest négatif. Si un virus n’a pas été détecté, c’est l’assurance d’un gros cluster. Ce n’est pas parce qu’un autotest est négatif que la personne est bien négative. En revanche, s’il est positif, il faut que la personne s’isole tout de suite. Les Sarthois peuvent venir se faire tester jusqu’au 31 sans problème. Au Mans, le parc Manceau est ouvert tous les jours, de 9 à 20 heures, sans interruption. »