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Sarthe. Rouler à l’éthanol : la formule séduit, mais…... |
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L’installation du boîtier sur un véhicule prend en moyenne une demi-journée. © Archives Le Maine Libre – Yvon LOUÉ
À 90 centimes le litre, le bioéthanol a beaucoup séduit ces derniers temps en Sarthe. Mais cette conversion ne présente-t-elle que des avantages ? À Vaas, Sandrine Cailleau, garagiste avec son mari, donne les réponses.
À qui est destinée la conversion d’un moteur à l’éthanol ?
« La conversion est destinée aux moteurs essence. Les prix ont légèrement augmenté aujourd’hui puisqu’on est passé à 859 € pour les modèles les plus simples. Ensuite, il faut une demi-journée d’installation.
+ Flambée des prix des carburants : en Sarthe, la demande en éthanol explose chez les garagistes
Mais il existe encore des catégories de véhicules pour lesquelles l’État n’a pas encore homologué le kit de conversion, alors que notre fournisseur [Eflexfuel en Finlande, N.D.L.R.] les produit déjà . »
La consommation est plus importante à l’éthanol par rapport à l’essence (en litres pour 100 kilomètres). Est-ce qu’il y a donc un gain réel pour le portefeuille ?
« Oui, c’est d’ailleurs la première raison pour laquelle les gens viennent nous voir pour installer un kit de conversion à l’éthanol. Et l’éthanol pollue beaucoup moins que l’essence classique.
Au niveau de la consommation, elle est plus importante de 10 à 15 % avec les boîtiers qu’on installe. Mais vu que le prix du super-éthanol (E85) est beaucoup moins important [0,88 € contre 2,10 € pour du sans-plomb 98 en moyenne au Mans, N.D.L.R.], à la fin du mois ça revient moins cher.
Il faut quelques mois pour amortir le prix de l’installation, surtout si les gens roulent peu. »
Aujourd’hui, le super-éthanol n’est pas distribué dans toutes les stations-service. Comment est-ce que cette situation est amenée à évoluer ?
« Pour notre cas, on avait fait des travaux pour installer une cuve supplémentaire il y a huit ans au cas où une nouvelle essence apparaissait. Donc on a pu en proposer tout de suite. Mais ça reste encore assez peu distribué parce qu’il faudrait des travaux importants pour qu’une station-service puisse en proposer à ces clients. Et il n’y a pas encore assez de monde qui roule à l’éthanol pour que l’investissement en vaille la peine.
Par ailleurs, certaines lois de l’Union Européenne limitent la culture de betteraves, à la base de la création du bioéthanol. Donc si la demande grandit trop, il faudrait alors importer de la betterave de beaucoup plus loin pour y subvenir. »