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Sarthe. Obligation vaccinale : appel à la grève en psychiatrie... |
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La loi relative à la gestion de la crise sanitaire impose l’obligation vaccinale pour les personnels du secteur de la santé et du médico-social. Elle conditionne aussi l’accès aux soins non urgents à la présentation du passe sanitaire. © Archives Ouest-France
La CGT de l’établissement public de santé mentale de la Sarthe s’oppose aux suspensions, qui toucheraient près de cinquante agents. Sachant qu’il manque déjà une cinquantaine de postes : infirmiers, aides-soignants, psychiatres.
À compter du mercredi 15 septembre 2021, les professionnels intervenant dans les établissements de santé ou médico-sociaux sont censés avoir reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19. À défaut, ces agents sont susceptibles d’être suspendus de leur fonction.
À l’établissement public de santé mentale (EPSM) de la Sarthe, la CGT s’oppose à ce scénario et appelle le personnel à faire grève, mardi 14 septembre, de 11 h 30 à 14 h 30. Motif : la pénurie de bras, dans un contexte déjà tendu. Nous manquons de professionnels. Les conséquences sont désastreuses, l’épuisement et les démissions s’amplifient. Et le ministère s’apprête à mettre dehors des milliers d’hospitaliers
, déplore le syndicat, qui parle de déflagration.
Les discours sont aujourd’hui menaçants et stigmatisants. Oubliés, les héros d’hier.
Ça peut encore bouger », selon la direction
D’après la direction de l’EPSM, moins de 4 % des 1 450 agents ne seraient pas vaccinés. Ça représente une cinquantaine de personnes. Une quarantaine n’a pas encore donné de certificat, mais ça peut encore bouger. Reste une dizaine d’agents qui ont clairement écrit qu’ils ne changeraient pas d’avis. La plupart ne sont pas forcément anti-vaccins, mais ne veulent pas de l’ARN-Messager et attendent le vaccin Sanofi
, indique Gérald Vieilhomme, directeur des ressources humaines de l’EPSM, qui a tenté de convaincre les sceptiques. En vain.
La direction a prévu de mettre en demeure les non-vaccinés à compter du 15. Ils auront jusqu’au 23 pour se mettre en conformité. Il sera possible de prolonger si les agents justifient d’un rendez-vous vaccinal. Sinon, on appliquera la loi.
Même si au final il n’y a qu’une dizaine d’agents suspendus, ça va devenir très compliqué
, redoute Frédéric David, délégué CGT. Et pour cause. Il manque déjà une quarantaine de postes d’infirmiers et d’aides-soignantes, mais aussi une douzaine de psychiatres. Les conséquences seraient inéluctablement des fermetures de lits d’hospitalisation. Et une diminution de l’accès aux soins pour la population sarthoise.
La DRH nuance : On va devoir s’adapter, sûrement en réduisant certains services.