|
Sarthe. Non vaccinée, elle démissionne de la clinique5 |
1
Lassée d’avoir à justifier son choix, l’employée d’un établissement de soins sarthois souhaite témoigner de façon anonyme. Ce mardi 14 septembre 2021, c’était son dernier jour de travail. © Archives Ouest-France
Cette employée d’un établissement de soins en Sarthe fait partie des agents qui refusent l’obligation vaccinale. Plutôt que de subir la suspension, elle choisit de démissionner.
À partir de ce mercredi 15 septembre 2021, les professionnels intervenant dans les établissements de santé ou médico-sociaux devront avoir reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19. Dans le cas contraire, ils seront suspendus de leurs fonctions.
Elise (1), non vaccinée, employée dans un établissement de soins en Sarthe, a décidé de démissionner. Elle a accepté de répondre à nos questions.
Vous travaillez dans un établissement soumis à l’obligation vaccinale. Que vous refusez. Du coup, vous allez être suspendue…
Ce n’est pas un licenciement, mais une mise à pied. Comme une sanction. Et je ne peux pas travailler ailleurs. Du coup, je fais le choix de démissionner, question de dignité.
Pourquoi refusez-vous la vaccination ?
On m’a appelé un soir pour me prévenir que si je n’étais pas vaccinée, je ne pouvais plus travailler. J’ai trouvé ça brutal, choquant. J’ai eu envie de prendre ma décision en connaissance de cause. Je me suis renseignée sur le vaccin, le pourquoi de l’obligation déguisée. Je voulais trouver des arguments qui me pousseraient à me faire vacciner. Ça a été l’inverse, mes réticences ont pris de l’ampleur.
Quel est le point de blocage ?
Le fait de rendre obligatoire une expérimentation, en disant qu’il n’y a pas d’autres traitements. Pourquoi ne teste-t-on pas des protocoles précoces de traitement ? Pour moi, il y a trop d’inconnu, avec des intérêts financiers et une forme de chantage. La force et la peur, ça n’inspire pas confiance.
Le nombre de non vaccinés est pourtant plus important en réanimation…
Si les gens respectaient les gestes barrière et si on n’avait pas fermé des lits pendant des années, on n’en serait pas là. Moi, je me désinfecte les mains, je mets mon masque, je fais le nécessaire. Protégeons les plus vulnérables. Mais pour les autres, ça n’a pas de sens. Surtout pour les enfants, dont le système hormonal est en plein développement. Pour eux, il n’y a que des risques, aucun bénéfice. Et puis j’ai eu une collègue vaccinée qui a eu le Covid. C’est elle qui pouvait contaminer les patients.
Si la transmission est moins forte en étant vacciné, c’est une forme de solidarité.
Beaucoup parlent de solidarité. C’est souvent hypocrite. La plupart des gens se sont fait vacciner pour aller au resto, partir en vacances ou ne pas perdre leur travail.
Comment réagissent vos collègues ?
On n’en parle pas. Ou alors ça accentue les tensions, les jalousies, les frustrations. Ce besoin de se justifier, cette culpabilité qu’on nous fait porter, c’est épuisant. On nous renvoie une image qui n’est pas la nôtre. Ma direction m’a demandé de réfléchir, mais ma décision est prise. Je pars par la petite porte, de force. Mais en démissionnant, je me sens libérée, en cohérence avec mes choix.
Et votre entourage ?
C’est violent. On me dit que je suis irresponsable, que je mets les autres en danger. Mais un vaccin expérimental peut aussi mettre des gens en danger.
Au-delà de la vaccination, le passe sanitaire vous gêne aussi ?
Ça divise la société, ça créé des inégalités en mettant des gens de côté. Ça fait froid dans le dos. Et pour quelle efficacité? On peut être entassés dans le métro sans passe sanitaire, mais pas boire un verre en terrasse.
(1) Prénom d’emprunt.
Bravo, il faut avoir du courage pour rester conforme à ses convictions ... avec tous les besoins dans ces métiers, les structures vont se mettre à genoux pour recruter ...!