|
Sarthe. La justice sollicitée pour sauver le projet de douze éoliennes en forêt... |
1
Le projet de parc éolien de Coudrecieux et de Montaillé, en Sarthe, a été examiné à la cour administrative d’appel de Nantes, ce vendredi 8 décembre 2023. © Archives Ouest-France
La cour administrative d’appel de Nantes est saisie du projet de douze éoliennes, en pleine forêt, à Coudrecieux et Montaillé, à une trentaine de kms à l’est du Mans (Sarthe).
Le projet initial de la société normande JP énergie environnement (JPee), dans les cartons depuis 2006, prévoyait seize éoliennes. Depuis la mi-2021, douze aérogénérateurs chacun d’une hauteur de 165 m sont envisagés à Coudrecieux et Montaillé, deux communes à une trentaine de kilomètres à l’est du Mans, au sein d’un massif forestier de la Pierre. Un lieu d’implantation qui n’est pas sans présenter « un risque accru » sur la biodiversité et « les espèces de haut vol ».
Ce projet d’ampleur est contesté par quatre associations (dont Vent des Bois, constituée depuis 2016), une trentaine de particuliers, un domaine forestier et la commune de Semur-en-Vallon. La demande d’autorisation environnementale, indispensable à la création du parc éolien, établie par la SAS La Pierre Énergie, a été rejetée par la préfecture de la Sarthe.
Près d’une zone Natura 2000
« Le dossier présenté était incomplet », précise le rapporteur public, ce vendredi 8 décembre 2023, à la cour administrative d’appel de Nantes. Qui ne voit pas d’arguments du requérant pour faire annuler l’arrêté préfectoral. Pour les services de l’État, des études d’impact et des écoutes nocturnes ont été insuffisamment menées sur le risque portant sur les chiroptères (chauves-souris), en premier lieu, et sur les amphibiens.
Pour l’avocate de la SAS, le projet d’implantation, situé « hors des couloirs de migrations », « participe à la satisfaction d’un besoin général ». Pour son contradicteur, l’avocat Sébastien Echezar, « le respect des objectifs européens en matière d’énergies renouvelables ne nous contraint pas à faire n’importe quoi », lance-t-il, précisant que « sept éoliennes sont prévues à l’intérieur d’une Znieff (zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique) et cinq, à proximité d’une zone Natura 2000 ».
La cour rendra sa décision le 22 décembre.