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Sarthe. Insultes racistes, menaces de mort : le mari devant le tribunal... |
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Ce vendredi 16 février 2024, le tribunal a condamné un sexagénaire sarthois reconnu coupable de propos racistes et de menaces de mort envers son épouse africaine. © ARCHIVES OUEST FRANCE
Ce vendredi 16 février 2024, le tribunal correctionnel du Mans a condamné un sexagénaire du nord-Sarthe qui a proféré insultes racistes et menaces de mort à l’encontre de son épouse.
A-t-il fait preuve de racisme envers sa femme ? A-t-il été manipulé par celle-ci pour obtenir une régularisation administrative en France ? Ce vendredi 16 février 2024, dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate, le tribunal correctionnel du Mans a jugé un sexagénaire sarthois marié à une Gabonaise.
Le couple se rencontre à l’automne 2022, sur internet. Les noces sont célébrées quelques mois plus tard. Au départ, dans leur petite maison d’un village du nord-Sarthe, tout va bien. Mais d’après l’épouse, absente à l’audience, la relation se dégrade. Le mari devient agressif : insultes racistes, menaces de mort. À plusieurs reprises. Et dans un contexte d’emprise : l’épouse n’a pas accès aux comptes, ne dispose d’aucun moyen de paiement.
Elle était isolée socialement. Il la traitait comme une esclave, il voulait une femme à son service
, estime l’avocate de l’épouse, qui évoque une tension grandissante, avec, comme point culminant, la soirée du 6 janvier 2024.
Ce soir-là, alors que sa femme est malade, le mari boit avec un ami. Quand ce dernier s’en va, choqué par les propos du propriétaire des lieux, le mari donne des coups dans la porte de la chambre, coupe l’électricité et le chauffage dans la maison, va dormir dans une dépendance de la maison, laissant son épouse dans le noir et le froid. Cette dernière prévient les gendarmes. Qui interviennent. Et découvrent un homme teigneux, n’hésitant pas à dénigrer sa femme en faisant référence à sa couleur de peau.
À l’audience, le prévenu nie en bloc, y compris les propos racistes tenus devant les gendarmes. Si j’étais raciste, je n’aurais pas épousé une Africaine
, plaide cet intérimaire aux cheveux grisonnants et à la voix rauque, qui dit avoir été déçu par l’attitude de sa femme. D’après son avocate, peut-être que l’épouse ne voulait pas de cette vie-là, mais qu’elle voulait les papiers.
Le tribunal prononce la relaxe pour certains des faits reprochés au prévenu, mais le déclare coupable pour les injures racistes prononcées devant les gendarmes. Ainsi que pour des menaces de morts durant l’automne 2023. À la clé, une peine de quatre mois de prison avec sursis. Et une amende de 200 €.