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Sarthe. Elle veut mettre fin à ses souffrances7 |
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Sarthe. Elle veut mettre fin à ses souffrances © Agnès Prat est passionnée par la fabrication de bijoux. Avec la perte de mobilité de ses doigts et de ses bras, créer devient compliqué.Photo ML - Denis LAMBERT
96 % des Français sont pour que les médecins aient le droit de mettre fin à la vie des personnes qui en font la demande (sondage Institut français d'opinion publique, octobre 2014).
Agnès Prat, 54 ans, atteinte de polyarthrite rhumatoïde, avait pris la décision de partir en Suisse pour mettre fin à ses jours, avec l'association Life Circle. La polyarthrite rhumatoïde progresse par poussée et rémission.
Les 8 000 euros nécessaires avaient été mis de côté et le dossier médical quasiment bouclé. Elle a finalement décidé de se laisser une dernière chance en acceptant deux chirurgies lourdes.
Le moindre geste quotidien est devenu impossible. Pire que l'invalidité, Agnès raconte la douleur « atroce et permanente ». « Pour mon bras droit, c'est comme s'il était plongé dans de l'eau bouillante, compare Agnès.
Avec des prothèses d'épaules, la douleur est diminuée mais elle n'est pas sûre de retrouver une mobilité.
« Je n'ai aucune garantie. Si après la rééducation, cela ne marche pas, alors je reprendrai les démarches pour partir. J'espère juste qu'il ne sera pas trop tard et que je ne serai encore capable de partir », s'inquiète-t-elle, dénonçant la France et son « système arriéré ».
« Si je me retrouve paralysée, personne ici en France ne pourra mettre fin à mes souffrances. J'aimerais ne pas avoir de date butoir parce que j'ai pris un rendez-vous à l'étranger. »
Retrouvez notre dossier sur la fin de vie assistée dans nos éditions du « Maine Libre » ce jeudi 16 novembre
A lire en version numérique en cliquant ici.
Bonjour à tous. Je suis Agnès la personne interviewée dans l'article. Je suis touchée par votre soutien à tous et je compatis aussi à vos souffrances. Après 5 chirurgies lourdes qui m'ont juste un peu prolongée et qui n'ont même pas pu me soulager, voire même qui m'ont aggravée, je suis arrivée au bout de ma course et vais bientôt partir en Suisse pour mon dernier voyage et trouver enfin le repos - date à déterminer. Courage à tous je vous embrasse, Agnès