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REPORTAGE. « On doit tout jeter » : des déchetteries dans la rue pour aider les personnes touchées par les inondations... |
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Des déchetteries mobiles ont été installées à Angers pour aider les habitants touchés par les crues à se débarrasser des objets abîmés. © Ouest-France
Des déchetteries « déportées » ont été installées dans les zones d’Angers les plus touchées par les inondations. L’objectif est d’aider les habitants à se débarrasser des objets endommagés. L’opération pourrait être prolongée au fil de la décrue. Reportage.
Lampe frontale sur la tête pour l’un, brouette dans les mains pour l’autre, Anne et Kamal vident la cave de leur maison. Ils ont pris un jour de congé exprès. Pas le choix. Comme d’autres, ils sont victimes des importantes inondations qui ont touché la ville d’Angers (Maine-et-Loire). Depuis ce matin, on a évacué beaucoup de matériel de loisirs, de camping, du matériel de sport qu’on avait stocké en bas… Les cartons d’électroménager, des conserves de fruits, des bouteilles de vin. On doit tout jeter
, regrette Kamal.
Dans leur cave, l’eau est montée à 60 cm et le couple n’était pas là pour tout mettre en hauteur. La majorité de ce qu’elle contenait est donc totalement inutilisable, à l’image des stères de bois, désormais recouverts d’une fine pellicule de moisissure. C’est donc vingt ans de vie qu’ils évacuent petit à petit. L’avantage, c’est qu’on va faire du tri »,
tente de positiver Anne.
Trois déchetteries décentralisées
Après avoir chargé sa brouette, Kamal emmène tous ses objets à une centaine de mètres de là, place Ney. Avant de les entasser dans les bennes spécialement déposées par la Ville. Depuis ce vendredi 27 février 2026, avec la place Garnier et la rue Boisnet, trois déchetteries déportées ont été installées. Leur agencement est le même : des bennes de 33 m² pour que les Angevins puissent jeter l’électronique, les meubles et le tout-venant
, détaille Guillaume Ricaux, responsable après-midi de la propreté publique à la ville d’Angers. Il poursuit : Ce n’est déjà pas facile pour les sinistrés. On fait donc venir les déchetteries dans les zones impactées. Pour eux, c’est plus simple, et ça permet d’éviter que des objets soient posés sur les trottoirs et gênent les piétons.

Les habitants peuvent déposer gratuitement tout ce qui a été endommagé par les inondations. Ouest-France
Plus de limite de passage en déchetterie
À bord de sa voiture, Hugues est venu apporter des outils, du tout-venant et des décorations de Noël
. Bref tout ce qu’on entrepose dans une cave sans vouloir le jeter
. Même s’il habite quelques rues plus loin, il reconnaît que ces déchetteries mobiles sont bien pratiques. Ça permet de faire des tours plus rapidement.
Sans compter qu’au vu du volume parfois important à évacuer, et avec la circulation et les rues à sens unique du centre-ville, cela peut vite devenir un casse-tête pour les habitants concernés.

Matériel de loisirs, de camping, de sport, cartons d’électroménager, conserves de fruits, bouteilles de vin… les bennes accueillent des objets divers. Ouest-France
Un peu plus loin, Michele a quant à elle perdu tout ce qu’elle avait mis de côté pour une brocante. Il a fallu pomper, sinon ça ne descend pas assez vite. Maintenant, on est sur une couche de boue.
Elle apporte ce qu’elle peut à pied, en attendant que son fils lui donne un coup de main. C’est bien, parce qu’il y a des choses lourdes. Même les cartons. Mouillés, ça pèse !

Ces déchetteries sont situées place Ney, place Garnier et rue Boisnet. Ouest-France
Ces points d’apports, accessibles gratuitement, sont ouverts tous les jours, de 8 h à 18 h, jusqu’au lundi 2 mars. Mais l’opération pourrait être prolongée. De nombreuses caves sont encore inondées. Les personnes attendent pour faire les procédures avec les assurances »,
reprend Guillaume Ricaux. Parallèlement, et jusqu’au 15 mars, les déchetteries classiques de l’agglomération angevine seront accessibles sans limites de passages pour les habitants sinistrés.