|
Sablé-sur-Sarthe. Le cinéma Confluences et ses dames fêtent les deux ans de l’ouverture... |
1
Hélène Dubois et Anaïs Guillermin, les deux gérantes du cinéma Confluences de Sablé-sur-Sarthe, qui fête les deux ans de son ouverture vendredi 16 septembre 2022. © Ouest-France
Hélène Dubois et Anaïs Guillermin, les deux directrices du cinéma Confluences de Sablé-sur-Sarthe, proposent une journée spéciale au tarif unique de 4 € la séance ce vendredi 16 septembre 2022, pour marquer les deux ans de l’ouverture du complexe. Elles se confient sur cette expérience dans un entretien croisé.
Les deux directrices du cinéma Confluences de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe) invitent tout le monde à leur « inaugu-versaire », ce vendredi 16 septembre 2022. Une journée spéciale pour marquer l’anniversaire du complexe de trois salles, ouvert il y a deux ans jour pour jour rue Saint-Denis.
Un événement destiné aussi à faire connaître un peu plus encore ce cinéma, dont la première année a été contrariée par les confinements et les restrictions sanitaires. Pour l’occasion, Hélène Dubois et Anaïs Guillermin reviennent sur cette aventure et sur le quotidien de leur métier.
Comment êtes-vous arrivées au cinéma Confluences de Sablé ?
Hélène Dubois : Je suis native de Sablé. Après un CAP projectionniste, j’ai travaillé plusieurs années au Cinéville de Laval, où il y a neuf salles. J’ai toujours voulu reprendre le cinéma Le Palace, rue Carnot, à la suite de M. Boisramé. Et puis, le projet Confluences de Cédric Aubry a débarqué à Sablé. J’ai fait en sorte de le trouver pour postuler. Je suis allée à sa rencontre au Congrès des exploitants, à Deauville. Un peu au culot (rires).
Anaïs Guillermin : Je suis originaire du Maine-et-Loire. Au départ, je voulais être sur les plateaux de tournage, apprendre à réaliser. Je me suis tournée vers la projection pour me rapprocher de ce domaine. J’ai commencé dans le réseau Confluences, où je me suis vite épanouie : j’étais apprentie puis projectionniste au cinéma de Varennes (Seine-et-Marne) et ensuite adjointe à celui de Mennecy (Essonne). Puis on m’a proposé le projet de Sablé.
Comment se répartissent les rôles entre vous ?
Hélène Dubois : Chacune de nous touche à tout. On sait tout faire toutes les deux : la technique de la projection, la programmation des films, l’organisation d’événements, la caisse… Il y a aussi un employé en 35 heures et une étudiante en renfort le week-end.
Anaïs Guillermin : On se consulte pour tout, mais on ne pense jamais aux mêmes choses. C’est intéressant : on peut confronter nos points de vue et garder ce qu’il y a de meilleur.
Que préférez-vous dans ce métier ?
Hélène Dubois : Ce que j’aime bien, c’est la technique pure. Mettre les mains dans les machines, même si nous travaillons avec des projecteurs quasiment neufs. J’aime aussi beaucoup le travail sur l’événementiel.
Anaïs Guillermin : Organiser des trucs ! Les grilles de programmation, les festivals, les soirées-événement comme « l’inaugu-versaire »… J’adore ça !
Qui décide pour la programmation ?
Hélène Dubois : On a un programmateur à l’échelle du réseau. Chaque semaine, on reçoit la liste des prochains films que l’on aura. Ensuite, c’est à nous de construire la grille, en choisissant au mieux les salles et les créneaux.
Anaïs Guillermin : On échange régulièrement avec le programmateur, notamment quand on veut faire des événements, car c’est lui qui négocie avec les distributeurs. On peut faire des demandes et pousser pour avoir certains films.
Comment avez-vous vécu les fermetures liées à la pandémie ?
Hélène Dubois : Le gros coup de massue, c’est quand on nous a dit qu’on ne rouvrirait pas en décembre 2020. Un cinéma fermé pour Noël, c’est la mort. C’est habituellement la meilleure période. Après cela, on n’avait plus qu’à attendre et subir en croisant les doigts… On se retrouvait tout de même une à deux fois par semaine avec Anaïs pour faire tourner les machines, qui sont faites pour fonctionner tous les jours.
Anaïs Guillermin : On avait conscience qu’on n’était pas les seules concernées. On a continué à bosser sur des projets en vue de la réouverture plutôt que de se laisser abattre. On n’a jamais vraiment lâché le cinéma.
Quel est votre rapport au cinéma ? Y a-t-il un film qui vous a marqué en particulier ?
Hélène Dubois : Le tout premier film que j’ai vu au cinéma, c’était Les 101 Dalmatiens avec mon papa au Palace, rue Carnot. Mais le film qui m’a amenée dans l’univers du cinéma, c’est La Cité de la peur. J’aime voir ce genre de comédies absolument absurdes au cinéma, car j’aime le fait de rire avec les autres dans la salle. J’aime aussi les drames, pour voir si les gens autour de moi ont la petite larme quand la lumière se rallume.
Anaïs Guillermin : J’ai plus un rapport avec les films qu’avec la salle de cinéma. J’ai cent films préférés (rires). J’aime Scorsese, Kubrick, Fincher, Kusturica… en remontant jusqu’à Hitchcock ou Chaplin… J’adore les caméras et l’histoire racontée par l’image.
Pratique
« Inaugu-versaire » du cinéma Confluences, ce vendredi 16 septembre, rue Saint-Denis, à Sablé. Toute la journée : tarif unique à 4 € la séance. À 18 h 30, masterclass avec Anaïs et Hélène pour répondre aux questions des spectateurs, de la technique à l’organisation. À partir de 19 h : verre de l’amitié. Des jeux et des quiz sur le cinéma avec des cadeaux à gagner seront aussi proposés.