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Sablé-sur-Sarthe. De la cour du roi à nos jours : l’essor du sablé... |
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La Sablésienne compte une trentaine de recettes de biscuits différentes. Ici présentées par Camille Plouzennet. © Ouest-France
Le petit sablé est un produit emblématique de la ville de Sablé-sur-Sarthe, où il trouve ses origines. Aujourd’hui, La Sablésienne et la Maison Drans mettent cet héritage local au cœur de leur fabrication.
Une odeur de beurre et de sucre s’échappe de l’atelier, situé à Sablé-sur-Sarthe. Dans le couloir, un groupe d’une quarantaine de personnes se presse pour découvrir la fabrication et l’histoire des petits sablés. Derrière des vitres, un employé de La Sablésienne s’affaire à mouler les biscuits. Les plaques de métal s’entrechoquent. « Certains moules sont encore fabriqués en bronze, comme à l’époque », explique Camille Plouzennet. C’est elle qui dirige la visite de l’usine de Solesmes et de son musée, ce mardi 3 août 2021.
On pourrait croire que le sablé tient son nom de la pâte… sablée. Il n’en est rien. « Ce biscuit n’est même pas préparé avec cette pâte, remarque la guide. Il s’appelle ainsi en référence à la ville de Sablé-sur-Sarthe. » La gourmandise se fait connaître grâce à Magdeleine de Souvré, en 1670. Invitée à la cour du roi, la Marquise de Sablé amène avec elle des biscuits. Le maître d’hôtel du Grand Condé, Vatel, les fait goûter au frère du roi. Il les trouve « fort à son goût et d’honnêteté légère ». Les biscuits sont commandés et servis en l’honneur de la marquise sous le nom de « sablé ».
Des recettes transmises de génération en génération
Aujourd’hui encore, les petits sablés restent un produit emblématique de la ville. Mais si ce gâteau est originaire de Sablé-sur-Sarthe, il ne possède pas pour autant d’AOP (Appellation d’origine protégée). « Le sablé peut être produit partout, souligne Camille Plouzennet. Il existe autant de sablés que de pâtissiers. » Pourtant, dans sa ville d’origine, la recette du sablé est jalousement gardée par les deux fabricants historiques : La Sablésienne et la Maison Drans. Tous deux se vantent de conserver des recettes « transmises de génération en génération ».
Le local y est à l’honneur. À la Maison Drans, « la recette est inchangée depuis 1932 », toujours à base d’ingrédients français : beurre AOP, œufs, farine de Sarthe, sucre et une pointe de sel. La Sablésienne, elle, se félicite de travailler avec du caramel de Guérande ou du beurre du Pays de la Loire. Mais il n’y a pas que les produits qui sont locaux. La Maison Drans affirme que tous ses « salariés habitent dans un rayon de 20 km autour de l’atelier et de la boutique. Ils sont Saboliens, Solesmiens, Auversois et Noyennais. »
Présent en Asie
Local, mais pas que : le sablé est connu dans tout l’Hexagone et s’exporte à l’international. La spécialité sabolienne séduit des pays européens mais également des continents plus lointains, comme l’Asie. La Sablésienne a ouvert deux boutiques au Japon, à Tokyo et Kyoto.
Pratique : La Sablésienne organise des visites guidées du musée et de l’atelier de fabrication, du 1er juin au 30 septembre, du lundi au vendredi, de 10 h à 11 h 30. Sur réservation au 02 43 95 04 53 ou à tourisme@sablesienne.com. Au tarif de 3 € pour les adultes, 2 € de 5 à 12 ans et gratuit pour les moins de 5 ans.