|
Sablé-sur-Sarthe. Ces lycéens ont conçu un système pour comptabiliser les passages des randonneurs... |
2
Deux lycéens en train d’installer la plaque intelligente près de Cri-Cri plage, à Solesmes, avec l’aide de Laurent Tailpied, responsable des chemins de randonnée du Pays sabolien. © Ouest-France
Des élèves en bac technologique au lycée Raphaël-Élizé de Sablé-sur-Sarthe ont mis au point un compteur pour connaître le nombre de passages sur les chemins de randonnées de la communauté de communes. Ils ont installé leur prototype jeudi 16 juin 2022, près de Cri-Cri place, à Solesmes.
Savez-vous environ combien de promeneurs fréquentent les chemins de randonnées du Pays sabolien ? Non ? Eh bien la communauté de communes non plus. La collectivité ne dispose d’aucun outil pour ça. « On est incapable de quantifier le nombre de passages, quels qu’ils soient, confirme Laurent Tailpied, responsable des espaces verts, des sites remarquables et des chemins de randonnée du Pays sabolien. Or, cette donnée peut, par exemple, être un argument auprès des élus pour décider de réaliser des travaux d’entretiens. »
Afin de tenter de remédier à la situation, le Pays sabolien s’est associé avec le lycée Raphaël-Élizé. Plus précisément avec la classe de Terminale STI2D (Sciences et technologies de l’industrie et du développement durable). Dans le cadre d’un projet pédagogique dit « externe », quatre élèves ont réalisé un prototype de compteur avec leurs professeurs.
« La communauté de communes, en tant que client, nous a fourni un cahier des charges. Les élèves ont dû analyse la demande, sa faisabilité, faire le choix de la meilleure solution, assurer la conception… » retrace Mohamed Raouak, enseignant en sciences du numérique, qui encadre le projet avec ses collègues Nicolas Vigneron et Gilles Lelièvre. Évalué en contrôle continu et support pour le grand oral du bac, ce travail a occupé les lycéens pendant près de 80 heures, au fil de l’année scolaire.
Internet des objets
Leurs efforts se sont concrétisés jeudi 16 juin avec la pose du compteur sur un sentier qui longe la Sarthe et mène vers Cri-Cri plage, à Solesmes. Le compteur prend la forme d’une plaque noire, montée sur ressorts et relié à un boîtier intelligent placé à quelques mètres, sur une parcelle appartenant aux moines de l’Abbaye. Le tout fonctionne sur piles.

C’est cette plaque montée sur un système connecté de ressorts qui permettra de comptabiliser le nombre de randonneurs passés par le chemin longeant la Sarthe. Ouest-France
C’est Nolan qui a réalisé la partie mécanique. Tymothé, lui, s’est occupé du processeur capable de quantifier les passages, avec l’aide de Louis pour l’optimisation. Enfin, Arthur se charge de la réception et de la transmission des informations.
« Nous avons choisi de travailler avec la technologie Sigfox, utilisée dans l’Internet des objets. Elle est peu chère, avec une grande autonomie et couvre l’ensemble du territoire français, détaille Mohamed Raouak. Les données sont envoyées sur un serveur pour être stockées afin d’en faire des statistiques. » Et voilà comment élus, agents et tous les habitants pourraient, à terme, avoir accès à ces chiffres sur Internet en open data.
« Pour l’instant, c’est un prototype, on ne vend rien », rappellent les professeurs, qui vont surveiller le taux d’erreur du dispositif. Les successeurs de Nolan et de ses camarades pourraient bien être amenés à donner une suite au projet pour le perfectionner l’année prochaine.
De son côté, Laurent Tailpied se prend à rêver : « J’aimerais qu’on ait un vrai compteur qui dissocie les promeneurs à pied, à vélo et à cheval. Mais pour l’heure, une seule société le propose en France, à Lannion, et c’est cher. »