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REPORTAGE. « Maintenant on fait avec » : le Covid-19 ne trouble presque pas la rentrée à Sablé... |
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Gwendoline Ramos, la directrice de l’école Gilles-Ménage accueillant les élèves de primaire, jeudi 2 septembre 2021. © Ouest-France
Les élèves saboliens ont repris le chemin de l’école, ce jeudi 2 septembre, pour une deuxième rentrée consécutive masquée. Reportage à l’école primaire publique Gilles-Ménage où les parents ont appris « à faire avec » la menace du Covid-19 et craignent surtout les fermetures de classes.
D’habitude, elle n’est pas trop du genre à se presser le matin. Mais ce jeudi, c’était un peu spécial. La rentrée en CP. Alors, Lilou, 6 ans, est arrivée la première, à 8 h 10, devant le portillon vert de l’école primaire publique Gilles-Ménage. Dans le même établissement sabolien où sa maman Nathalie a fait ses classes 40 ans plus tôt. « Elle suit mes traces », sourit la mère.
Sauf qu’à l’époque, il n’y avait pas à porter ce masque qui barre les visages pour la deuxième année consécutive. Sous ses petites lunettes rouges, celui de Lilou est bien en place. « J’aime bien le masque », dit-elle, davantage intéressée par ses nouvelles affaires achetées grâce à la prime de rentrée scolaire. Nathalie, elle, est sereine quant au virus. « Je n’ai pas peur et je suis vaccinée, confie-t-elle. Lilou a déjà passé plusieurs tests, elle est habituée. »
Classe fermée dès le premier cas
« Le Covid, maintenant on fait avec. On l’a déjà eu en mars à la maison », poursuit Audrey, qui arrive avec sa fille Callie, 10 ans, et son fils Mathéï, 8 ans. « Ce que l’on redoute surtout, ce sont les fermetures de classes qui nous obligent à garder les enfants et faire l’école à domicile », souligne la maman de 37 ans. En maternelle et en primaire, contrairement au collège et au lycée, le niveau 2 du protocole sanitaire pour commencer l’année prévoit en effet de renvoyer la classe à la maison pour sept jours à la moindre contamination.
C’est aussi ce que retient Sylvain, 48 ans, qui attend avec Anastasia et Inès, ses jumelles toutes blondes de 9 ans. Enfin, pour le moment, il est surtout occupé à leur trouver des masques. « Elles ont oublié le leur sur la table en partant », glisse-t-il, avant de s’adresser à l’équipe pédagogique à travers les grilles. « On va voir avec la directrice, on va vous trouver ça », lui répond une institutrice.
La directrice, c’est Gwendoline Ramos. À 32 ans, elle vit sa première rentrée avec la casquette de cheffe d’établissement. En additionnant les primaires et les maternelles, elle compte 124 élèves inscrits, plus six « tout-petits » de moins de trois ans. Un effectif « plutôt en baisse », mais qui ne remet pas en cause les six classes.
Davantage d’écoliers à Sablé
À l’échelle de la ville, la tendance est plutôt à la hausse, selon les chiffres du maire Nicolas Leudière, passé faire le tour des écoles. Sablé compte pour l’heure 942 élèves inscrits dans le public en maternelle et en primaire, contre 912 l’année dernière. Le nombre de classes, lui, reste stable.
Sur le plan sanitaire, la mairie signale que des « études sont en cours » pour évaluer l’opportunité d’investir dans des détecteurs de CO2 et des purificateurs d’air. Hors Covid, 118 000 € ont été investis pour réaliser des travaux dans les écoles durant l’été. Les classes disposent notamment d’un système d’alarme avec voyant lumineux et tous les établissements auront bientôt l’ouverture à distance pour leur entrée.
À Gilles-Ménage, le portillon vient justement de se refermer. Il est 9 h passées, et dans la cour, chacune dans sa zone délimitée, les classes se sont formées. Les amitiés aussi. Même avec le masque, Lilou et les autres n’ont pas eu du mal à retrouver les copains.