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REPORTAGE. Dans les coulisses du retour de la troupe de théâtre des Vilains à Parcé, deux ans après... |
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La troupe des Vilains était de retour sur scène, chez elle à Parcé-sur-Sarthe, samedi 5 mars 2022. © Ouest-France
Samedi 5 mars, la populaire troupe de théâtre amateur des Vilains a donné sa première représentation chez elle, à Parcé-sur-Sarthe (Sarthe), après deux ans de pandémie. Un retour sous le signe du vaudeville dont nous avons suivi les dernières minutes de préparation avec les comédiens, depuis les coulisses.
« Un message de Nicolas ! Il nous dit Merde à tous ! », clame Vincent Huet. Dans un peu plus d’heure, lui et ses camarades de la troupe de théâtre amateur Les Vilains seront sur scène, chez eux, à Parcé-sur-Sarthe, pour la première fois depuis deux ans et le début de la pandémie. Le Nicolas qui vient d’envoyer ce SMS, c’est Nicolas David, le metteur en scène de la Houlala compagnie, une formation professionnelle basée à Sablé-sur-Sarthe. Avec Aubance Niveau, c’est lui qui signe l’adaptation et la mise en scène du spectacle, intitulé Folle nuit au café Anglais !.

Le spectacle « Folle nuit au café Anglais ! » réunit trois pièces de Feydeau en une. Ouest-France
« Ce sont trois pièces de Feydeau réunies en une. On aurait dû la jouer à partir de mars 2020 et puis, le Covid est passé par là , rembobine Alain Renou, président de l’association Parcé (Pour un avenir récréatif culturel élémentaire), à laquelle est rattachée la troupe. On a recommencé à la répéter en octobre. Depuis, on ne l’a jouée qu’une seule fois, à Courdemanche (Sarthe), en janvier. Alors il y a un peu d’appréhension… »
« Je vomissais avant d’entrer sur scène »
Réunis dans une petite réserve qui donne sur l’estrade de la salle polyvalente, les quatorze comédiens, âgés de 16 à 73 ans, commencent à s’habiller et se mettre dans leur bulle. « Pendant très longtemps, je vomissais avant d’entrer sur scène », sourit Alain Renou, qui joue Anatole Veauluisant, le patron du café où se déroule le vaudeville.
« À chaque fois, avant d’y aller, je me dis Mais qu’est-ce que je fous là ? », raconte Isabelle Maunoury. Cela fait pourtant plus de quarante ans que ça dure pour elle, qui fait partie de la troupe depuis sa création, en 1981. Ce soir, Isabelle Maunoury incarne Adèle, la femme d’Anatole Veauluisant.

Isabelle Maunoury, alias Adèle, la femme d’Anatole Veauluisant, se concentre. Ouest-France
À côté d’elle, Lucie Lefèvre, 16 ans, est la benjamine. Passée par l’atelier théâtre des Vilains, elle fait ses premiers pas avec la bande, dans le rôle de Félicie, une serveuse. « C’est le meilleur stress celui qu’on ressent dans ces moments-là . Il est beaucoup plus agréable que celui avant des examens », confie cette élève du lycée sabolien Sainte-Anne.

Une dernière retouche maquillage pour la benjamine, Lucie Lefèvre. Ouest-France
Les aiguilles tournent et les trois coups se rapprochent. Le costume enfilé, le maquillage ajusté, chacun rentre en concentration à sa façon. Il y a celui qui réécoute la pièce avec ses écouteurs, celle qui joue sur son téléphone, celui qui s’étend sur sa chaise en fermant les yeux...
« T’es à combien de tension là ? »
Bernard Gallois, qui joue le serveur Joseph, préfère avaler une pomme, soigneusement tranchée au couteau. « T’es à combien de tension là ? » lui lance Didier Vaudry, qui incarne à la fois Balivet, le clerc de notaire, et la « fausse Blanquette », aspirante gouvernante. « Ça monte ! » lui répond son partenaire.

Chacun se met dans sa bulle à sa façon en attendant les trois coups. Ouest-France
De son côté, Vincent Huet fait des allers-retours pour observer discrètement l’arrivée des spectateurs dans l’entrebâillement de la porte. « Ça se remplit à une vitesse », lance-t-il. Dans la salle, une centaine de personnes a pris place pour profiter du spectacle. Il est 20 h 30 passées. Alain Renou distille quelques derniers conseils : « On a fait le maximum pour que ça se passe bien. Regardez bien le fond de la salle et parlez bien fort. On prend son temps mais on met du rythme ! »

Vincent Huet observe discrètement l’arrivée des spectateurs dans la salle. Ouest-France

L’échauffement joyeux des Vilains avant de monter sur scène. Ouest-France

Les quiproquos inspirés de Feydeau ont beaucoup amusé le public. Ouest-France
Une petite farandole les mains sur les épaules pour s’échauffer, une salve d’applaudissements pour se donner du courage, et c’est parti. Une heure et demie plus tard, c’est sous les applaudissements du public que la joyeuse bande s’incline à l’unisson pour le salut final. « Profitez et apportez du sourire et du plaisir à notre cher public de Parcé », disait la fin du SMS du metteur en scène. Tous peuvent être fiers : la mission est réussie.