|
REPORTAGE. À la chasse aux champignons en Sarthe avec le passionné Éric Fernandez... |
4
Eric Fernandez est passionné par la cueillette de champignons. En forêt de Charnie (Sarthe), ici, ce ne sont pas des coulemelles que l’on trouve habituellement à cet endroit, mais bel et bien des girolles ! © Ouest-France
Le correspondant de presse pour Ouest-France, Éric Fernandez, est le spécialiste de la cueillette aux champignons. Cette fois, la rédaction l’a suivi quatre heures en forêt de Charnie (Sarthe) pour tenter de connaître ses trucs, à défaut de ses coins.
S’il y a une coulemelle dans cette forêt, elle est pour moi !
L’homme des bois lance comme un cri de guerre. Une demi-heure à marcher en forêt domaniale de la petite Charnie, et pas un seul champignon. Eric Fernandez n’a pas dit son dernier mot. Cette forêt, il la connaît par cœur. Cette forêt, c’est un peu la sienne. Je ne comprends pas, ici, normalement, c’est gavé de coulemelles, je te le garantis.
Ce samedi de la fin septembre, c’est la première sortie champi du correspondant de presse du Mans, grand spécialiste de nos articles dédiés aux champignons depuis près de quinze ans. Une histoire de passion. Et de famille. Je suis toujours allé en forêt. Tout jeune. J’ai appris très tôt à les reconnaître.
Et à les cueillir, les cuisiner, les manger. Bref, les apprécier.
Les girolles ? Avec le pied !
C’est plutôt une sortie en solitaire. Éric n’aime pas trop papoter pendant sa quête. Le champignon est un être vivant à part. Ni animal, ni végétal. Avec lui, il faut être patient et bien repérer son habitat. Le temps est idéal
, sourit le quadra sous sa cape de pluie, bâton de rando et panier à la main, chaussures de saison. Ce jour-là , il ne fait que pleuvoir. À verse.
Un couple passe par là , paniers plein. On est content pour une première sortie.
Nos paniers, eux, sont vides. Regards dédaigneux sur les cueilleurs heureux, mieux vaut passer notre chemin.

Les deux premières girolles, avant une bonne poignée ! Ouest-France
Et là surprise. « Oooooooh une girolle ! Mais qu’est-ce qu’elle fait là ? C’est le coin des coulemelles ici. » Ce samedi, ce sera celui des girolles. Éric Fernandez est équipé d’un opinel spécial, mais c’est avec les doigts qu’il va délicatement ramasser le Graal. Contrairement aux idées reçues, il faut prélever avec le pied. Déjà parce que ça évite de faire pourrir le mycélium. Ensuite ça permet une meilleure identification du champignon.
Avec une brossette, il nettoie son précieux. Je préfère enlever tout de suite le plus de petites feuilles, limaces et terre possible. C’est plus simple ensuite pour les nettoyer à la maison.
4 kg max par personne
La promenade se poursuit. Il faut se repérer dans les 700 hectares de la Charnie. Ici c’est facile, les allées suivent les points cardinaux.
Facile, mais il ne fait pas bien jour et il pleut des cordes. Beaucoup plus loin, après avoir franchi une barrière de ronces et un champ de fougères, Eric Fernandez s’arrête. Triomphant, large sourire, il ne bouge plus et désigne le sol. Bien rangées en ligne, des dizaines de pieds-de-mouton. La mousse, c’est leur terrain.
La cueillette reprend.

L’art de la chasse aux champignons ? Un panier et une bonne vue ! Ouest-France
La marche aussi. Les cèpes de bordeaux finissent par remplir les paniers. Attention quand même, pas plus de 4 kg par personne. Ah oui, et le jeudi, pas de champis, les cueillettes sont interdites. Pourquoi ? Je n’en sais rien, c’est comme ça.

Pour cette première cueillette de champignons, quatre heures de marche, mais des pieds de mouton, des cèpes et des girolles. Et même une petite coulemelle ! Attention, pas plus de 4 kg par personne. Ouest-France
La sortie champis touche à sa fin. Quatre heures de marche, pas moins de 7 km le dos courbé, l’œil aux aguets, ça use. Et là , c’est comme une apparition. Une coulemelle. Toute petite, le chapeau pas encore déplié. Ce sera la seule. Ce sera la sienne !